Comment Streets of Rage a réussi son retour 26 ans plus tard
Dossier

Comment Streets of Rage
a réussi son retour
26 ans plus tard

Crédit : DotEmu
Maxime L-G.
Maxime L-G.
Auteur Micromania-Zing

Le dernier Streets of Rage, Streets of Rage 3, est sorti en 1994 sur Mega Drive. 26 ans plus tard, nous connaissons enfin une suite à la série légendaire. Mais comment est-ce possible ?

26 ans. 26 ans séparent Streets of Rage 3 de Streets of Rage 4. Il faut dire que pour beaucoup, le genre du beat’em all n’est plus vraiment d’actualité : les indépendants mélangent ses influences avec d’autres genres pour approfondir leur gameplay, quand les gros éditeurs sont passés à autre chose. Pourtant, le grand retour de Streets of Rage est une réussite totale : mais comment ont-ils pu réussir leur coup ?

Un travail de confiance

Avant toute chose, il faut d’abord parler rapidement de DotEmu. L’entreprise auparavant plutôt spécialisée dans le fait de réadapter (via émulation notamment) d’anciens titres sur les plateformes modernes a réussi à gagner la confiance des éditeurs pour de véritables remakes. Après le succès du retour de Wonder Boy, il a pu approcher SEGA pour que ce dernier lui confie la licence Streets of Rage… ce qu’il a accepté. C’est là la force d’une bonne relation basée sur un respect mutuel.

Cependant, remettre au goût du jour un jeu de plateforme et un beat’em all n’a pas exactement les mêmes défis. Si les béotiens pourraient penser qu’il s’agit seulement de “dessiner par dessus les sprites originaux et coller ça dans le moteur de l’époque”, la réalité est bien plus complexe. Pour un beat’em all, il faut un moteur particulier capable de tout réaliser en temps réel. Il faut aussi des artistes particuliers, le sel de ces jeux étant dans l’ambiance avant toute chose. Et il faut aussi des nostalgiques, des gens qui savent pourquoi et comment Streets of Rage a touché les joueurs à l’époque.

Crédit : DotEmu

La meilleure Ă©quipe

Sur tous ces points, il faut bien comprendre que Streets of Rage est un monument. Véritable ode aux 90s, la série a toujours été connue pour son gameplay pêchu, ses personnages ultra charismatiques et sa bande son magnifique. Il n’est pas mince affaire d’en être à la hauteur. DotEmu a donc choisi de faire équipe avec deux autres talents : Guard Crush Games et LizardCube, pour trois rôles différents mais complémentaires.

Nous avons tout d’abord DotEmu bien sûr. L’entreprise parisienne se charge de l’édition et la distribution du jeu naturellement, mais aussi du game design. En somme, c’est elle qui guide l’évolution générale du projet pour s’assurer qu’il garde bien la ligne ténue entre modernité et nostalgie. Guard Crush Games, le studio de Montréal, est comme son nom l’indique un mordu de baston. Il a notamment créé Streets of Fury, une lettre d’amour aux beat’em alls qui était largement inspiré de la série Streets of Rage. Sur cette production, ils se sont principalement chargés de la programmation du jeu, et ont adapté pour cela leur moteur de jeu. Et enfin, il y a LizardCube. C’est tout simple : ce sont les artistes 2D et 3D parisiens derrière le remake de Wonder Boy : The Dragon’s Trap, qui ont donc déjà prouvé leur capacité à faire revivre des œuvres mythiques et sont en charge du design ici.

Crédit : DotEmu

Des fans avant tout

Avec autant de talents derrière l’œuvre, il ne manquait plus qu’une chose : une bonne vision. Et sur ce point, l’alliance des trois est loin d’avoir déçue. DotEmu tout d’abord a tenu à respecter la vision originale du jeu. Plutôt que de chercher à trop moderniser le gameplay au point où Streets of Rage serait méconnaissable, les gérants ont plutôt décidé de miser sur la recette de Streets of Rage 2. En résulte un jeu un peu plus lent, précis, où le placement du personnage revêt une importance primordiale. Les seuls éléments drastiquement retouchés ont été du côté de ce qui était une limite technique de l’époque, et non pas une modification poussée par les attentes modernes.

Du côté artistique, le travail de relecture de LizardCube est bien sûr énorme. Ils ont même créé deux nouveaux personnages pour l’occasion, Cherry Hunter et Floyd Iraia, qui sont immédiatement devenus des favoris. Mais c’est aussi (voire surtout) sur la musique que l’effort a été colossal. Être à la hauteur des compositions inspirées de la culture club des années 90 créées par Yuzo Koshiro et Motohiro Kawashima n’est pas à la portée de tous. Si ces derniers sont de retour pour les titres majeurs, et que de nombreux artistes ont participé au projet, le compositeur principal Olivier Derivière a su retrouver cet esprit et le magnifier. Il aura fallu dévorer 25 ans de musique de club pour cela, mais le jeu en valait la chandelle.

Streets of Rage 4 est donc désormais une réalité, 26 ans après. Et malgré cette large période de temps, on reprend le stick (ou la manette) comme si la MegaDrive datait d’hier. C’est là toute la prouesse réalisée par l’association de trois équipes talentueuses.

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