The Medium : deux réalités, deux fois plus d'emmerdes
Dossier

The Medium : deux réalités,
deux fois plus d'emmerdes

Crédit : Bloober Team
Maxime L-G.
Maxime L-G.
Auteur Micromania-Zing

The Medium va nous mettre dans la peau d’une médium capable d’interagir entre deux réalités. Mais pour n’importe qui, ce serait seulement deux fois plus d’emmerdes.

Face à des histoires imaginaires comme celle que nous propose The Medium, certaines personnes arrivent à s’imaginer comme les héros qui sauront braver tous les dangers et sauver toutes les personnes en détresse. Moi ? Je sais que peu importe le monde dans lequel on me transpose, je resterai toujours un péon. Le gars basique destiné à regarder la bouche béate les événements se dérouler devant ses yeux. Et je peux vous le dire : si j’avais accès à deux réalités en même temps, ce serait deux fois plus d’emmerdes pour moi.

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C’est quoi ce coloc

Bon déjà la Marianne, elle est bien brave, mais qu’est-ce qu’elle va aller foutre dans un hôpital psychiatrique désaffecté ? C’est déjà assez chiant comme ça de pas pouvoir aller au musée sans frissonner à la vue d’un autre monde dévasté. Mais vous savez le pire ? Moi, j’vis dans un petit appart parisien. Le genre que tu récupères quand t’as pas une thune : mon coloc se lave une fois par mois pour sauver la planète, son compost attire les rats et les blattes, et je dois vivre enfermé dans ma chambre de 8m² si je veux garder un semblant de décence. Va t’échapper quand la seule autre réalité qui t’attend, c’est ce même appart dans le monde des esprits. Les blattes font trois mètres de haut, mon coloc est une goule qui a au moins l’honnêteté de me baver directement sur la tronche plutôt que dans la baignoire, et c’est encore plus d’espace à nettoyer. Pitié, j’ai pas eu une bonne nuit de sommeil depuis des temps immémoriaux.

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J’avais des rêves moi

Médium c’est pas exactement un métier d’avenir. Et elle a déjà pris la seule place disponible, la Marianne. Il me reste quoi moi au juste ? J’ai bien tenté d’aller retourner les burgers au fast food du coin et livrer la bouffe à vélo, mais je sais pas pourquoi, je reste jamais longtemps dans l’équipe. Ah oui : peut-être parce que des tonnes d’esprits aux corps démembrés débarquent au beau milieu de mon job pour venir me faire un câlin décomplexé. T’as déjà frappé chez quelqu’un en attendant monsieur et madame tout le monde pour te retrouver devant un corps décapité qui te tend un moignon pour récupérer ta pizza ? Dire que je rêvais d’être astronaute enfant, j’aurais vraiment dû poursuivre ça… Aujourd’hui, je rêve vraiment d’être seul sur la Lune.

Crédit : Bloober Team

Jeune homme sain d’esprit cherche compagnie

Nan vraiment, le plus dur dans tout ça… C’est la solitude. Ok, j’suis pas le genre de beau gosse qui a juste à siffler pour quelques aventures, mais un peu de chaleur humaine serait pas de refus quand même. Mais va faire un date quand t’es pas foutu d’aller dans un endroit que tu ne connais pas sans flipper. C’est si simple pour vous d’aller au cinéma : une petite boîte noire où aller regarder un film, c’est détente hein ? Si vous saviez ce qu’elle contient dans le monde des esprits… Une seule personne a su aller au-delà de mes sursauts, et même là, j’ai pas pu. Comment vous expliquer ça… Vous voyez quand votre chien ou chat reste dans la pièce ? Gênant hein ? Imaginez que ce soit Timmy, petit enfant ayant subi un accident de la route, qui vous regarde dans un coin de la pièce. Vous y arriveriez vous ? Et je vous vois déjà venir : j’vais pas tenter de trouver l’amour du côté des esprits non. Dans la réalité, j’aurais l’air d’un gars qui fait du air guitar avec la passion la plus dévorante.

Alors qu’est-ce qu’il me reste à faire au juste ? Retrouver Marianne ? J’suis qu’un péon, un moins que rien, moi, messieurs dames. Et je suis sûrement pas le seul dans mon cas. La dame est bien trop occupée à sauver les âmes des enfants en perdition dans l'au-delà, elle va pas jouer les Mère Thérésa pour les gens comme moi soyons sérieux. J’vais me contenter de serrer les dents en m’imaginant avoir une vie normale, comme la vôtre. Si vous saviez seulement la chance que vous avez.