PS5 et Xbox One : mais c'est quoi le ray tracing ?
Dossier
PUBLIÉ LE 27 juil. 2020

PS5 et Xbox One :
mais c'est quoi
le ray tracing ?

Crédit : Sony
Maxime L-G.
Maxime L-G.
Auteur Micromania-Zing
PUBLIÉ LE 27 juil. 2020

La Xbox Series X comme la PS5 arrivent en fin d’année, et promettent toutes deux d’être compatibles avec le ray tracing. Oui mais… C’est quoi, au juste, le ray-tracing ?

Une nouvelle génération de console arrive ! Et qui dit nouvelle génération dit naturellement nouvelles technologies. Alors que la 3D est déjà bien maîtrisée de nos jours, le diable se joue dans les détails désormais. C’est pourquoi on retrouve pour les deux consoles le support de la 4K, du HDR, mais aussi… du ray-tracing. D’ailleurs, on entend ce dernier terme un peu partout depuis quelques années maintenant. Mais, de quoi il s’agit au juste ? Laissez-nous tout vous expliquer.

Une histoire de physique

Il faut tout d’abord savoir où intervient ce qu’on appelle le ray-tracing. En effet, il ne s’agit pas d’une technologie qui rend magiquement un jeu plus beau. Elle intervient surtout pour rendre le monde d’un jeu vidéo (ou n’importe quel univers généré numériquement d’ailleurs) plus… logique. Naturel. Et ce particulièrement dans sa gestion des ombres, des lumières et des réflexions. En somme : tout ce qui a attrait à la manière dont la lumière interagit avec la scène.

Il faut savoir que depuis bien longtemps, toutes les scènes que l’on voit dans nos jeux ont des lumières qui ont été créés artificiellement par des artistes. D’ordre général, un objet du jeu a sa texture, et par dessus elle une autre texture qui simule la lumière, l’ombre, parfois la réflexion. Puisqu’elle est simulée, elle n’est pas forcément très naturelle : il peut arriver qu’une caisse qui doit normalement être couverte d’ombre soit toujours très lumineuse, selon l’angle auquel on regarde l’objet. C’est naturel : un jeu vidéo reste un jeu vidéo. Qui plus est, la puissance de nos consoles comme de PC étant limités, les artistes étaient naturellement obligés de faire des choix sur ce qui affichait des ombres et des lumières ou pas. Ce afin de conserver de la puissance brute pour d’autres actions.

Crédit : Walt Disney

Et le soleil fut

Le ray-tracing est une nouvelle manière de considérer tout cela. Plutôt que de se baser sur la vision de l’artiste, la technologie cherche à émuler le comportement naturel des rayons lumineux dans le monde réel. Pourquoi ce nom ? Parce que la caméra du joueur envoie pour ce faire des rayons en temps réel qui se projettent sur la scène, et rebondissent sur toutes les surfaces en calculant leur lumière, leur ombre, et leur rapport à la caméra pour créer une scène naturelle.

Tout cela a été rendu possible par deux choses. Tout d’abord : la possibilité pour les objets 3D d’intégrer des informations concernant leur manière d’interagir avec la lumière. On parle ici de données de réflexion, mais aussi de réfraction. Une surface rugueuse par exemple n’a pas le même rapport à la lumière qu’une surface lisse. Ou pour donner un exemple concret : un miroir ne réfléchit pas autant qu’un caillou. Et le deuxième est assez simple : il s’agit de la possibilité d’utiliser le ray-tracing… en temps réel. La technologie n’est en effet pas “si” nouvelle que ça, dans le sens où elle a été utilisée aussi bien dans le jeu vidéo que dans la production de films d’animation pendant quelques temps maintenant. Mais il s’agissait ici de calculer les rayons après avoir créé la scène, pour ensuite fabriquer un max à partir de ces données qui serait utilisé de manière fixe sur l’ensemble du jeu. La puissance brute des consoles de nouvelles générations promet de pouvoir les calculer en temps réel, faisant que l’on pourra enfin interagir avec ces scènes dont les lois physiques sont proches du monde réel.

Crédit : Remedy

Des sacrifices tout de même

En lisant tout ça, vous aurez peut-être la tentation de penser que cette technologie sera particulièrement utile pour les jeux cherchant à être photoréaliste. Et c’est tout à fait possible, mais pas tout à fait vrai. Voyez-vous, plus l’univers est cohérent à nos yeux, qu’importe sa direction artistique, et plus on le trouvera foncièrement beau. Aussi, même des jeux ayant un aspect plus cartoon, comme le prochain Ratchet and Clank, profitent du ray-tracing pour améliorer leur qualité perçue.

On pourrait aussi se demander si le ray-tracing ne risque pas d’influencer massivement la direction artistique du jeu, mais il n’en est rien. Il existe après tout plusieurs façons d’utiliser le ray-tracing. Certains, à l’image de Metro Exodus, choisisse d’avoir un éclairage global. D’autres, comme Battlefield V, favorise certains objets plutôt que d’autres pour mettre l’emphase sur des éléments précis. Avec la plus grande disponibilité de la technologie sur cette génération, il y a fort à parier que les artistes s’amuseront à trouver de nouvelles façons de l’utiliser pour remplir un but précis.

Le ray-tracing n’est cependant pas magique. Sa qualité dépend de nombreux facteurs, notamment la quantité de rayons projetés par la caméra mais aussi la manière dont les objets de la scène ont été créés. Aussi, il nous tarde encore de voir comment les développeurs sur PS5 et Xbox Series X s’élanceront sur ce nouveau défi !