On a tenté de décrypter des déclarations de Kojima sur Death Stranding
dossier

On a tenté de
décrypter des
déclarations de Kojima
sur Death Stranding

Crédit : Sony Interactive Entertainment
Etienne C.
Etienne C.
Auteur Micromania-Zing

MystĂ©rieux, cryptique, nĂ©buleux : les adjectifs ne manquent pas pour qualifier Death Stranding, la nouvelle production d’Hideo Kojima qui dĂ©barque le 8 novembre. Et pour cause : le crĂ©ateur a, depuis le dĂ©part, cultivĂ© l’incertitude autour de son jeu, en enchainant les dĂ©clarations Ă©nigmatiques. On a tentĂ© de les analyser.


« La « mort » [dans un jeu] est sur le point d’avoir un nouveau sens »


Un BT dans Death Stranding
Crédit : Sony Interactive Entertainment

Hideo Kojima le souligne quand il en a l’occasion : Death Stranding repense des concepts qui n’ont jamais (ou rarement) Ă©tĂ© remis en question par l’industrie, comme la mort. Dans Death Stranding, le principe de game over n’existe pas. Mourir n’est pas une fin en soi, mais plutĂŽt un recommencement. Le crĂ©ateur de Metal Gear Solid souhaitait s’émanciper du concept inventĂ© Ă  l’ùre des bornes d’arcade, oĂč l’objectif Ă©tait d’inciter le joueur Ă  remettre une piĂšce dans la machine. « Quand le joueur meurt, c'est la fin, le game over. » expliquait-il Ă  IGN en 2017. « Vous dĂ©cidez de continuer la partie et vous ressuscitez quelques secondes avant votre mort. Vous pouvez mourir autant de fois que vous le souhaitez, mais vous ĂȘtes Ă  chaque fois tĂ©lĂ©portĂ© quelques secondes avant, Ă  l'endroit oĂč vous avez perdu la vie. C'est une mĂ©canique qui a Ă©tĂ© pensĂ©e spĂ©cifiquement pour que vous remettiez une piĂšce dans la borne d'arcade. Et c'est quelque chose qui n'a pas Ă©tĂ© changĂ© depuis. » Dans Death Stranding, quand Sam Bridges prend une balle ou chute mortellement, son esprit est propulsĂ© dans un monde sous-marin, baptisĂ© « Seam », oĂč il doit retrouver son corps en vue Ă  la premiĂšre personne. À ce moment-lĂ , il pourra rĂ©intĂ©grer le monde des vivants. « Dans le premier trailer du jeu, l'endroit oĂč Sam se tenait, nu, c'est la plage. De l’autre cĂŽtĂ©, c’est le Seam » explique-t-il Ă  Famitsu.


« [Dans Death Stranding] vous utilisez la corde pour vous rapprocher de ce qui est important »


Sam Bridges utilise des Ă©chelles dans Death Stranding
Crédit : Sony Interactive Entertainment

Ah, le bĂąton et la corde. Deux outils dont on a beaucoup entendu parler pendant la promo de Death Stranding et qui ont pour objectif d’illustrer une thĂ©matique forte : la connexion. Kojima souhaite, avec son jeu, « amener les gens - dans un monde oĂč aux États-Unis, en Europe, les gens construisent des murs, se sĂ©parent les uns des autres - Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  ce que signifie la connexion. » explique-t-il au Hollywood Reporter. Contrairement Ă  la majoritĂ© des titres oĂč le joueur se bat (Ă  l’aide d’un bĂąton, donc) contre l’autre pour sauver l’humanitĂ©, Death Stranding serait un jeu oĂč l’on privilĂ©gie « la corde », et donc l’entraide. Hideo Kojima s’est basĂ© sur une nouvelle de l’auteur japonais Kƍbƍ Abe pour imaginer le concept : « Dans cette nouvelle, Abe dĂ©clare que le premier outil crĂ©Ă© par l'humanitĂ© Ă©tait un bĂąton. Il explique que le premier outil utilisĂ© par l'humanitĂ© Ă©tait un bĂąton crĂ©Ă© pour placer une distance entre lui et les dangers - pour se protĂ©ger. Il dit que le deuxiĂšme outil crĂ©Ă© par l'humanitĂ© est la corde. Une corde est utilisĂ©e pour rapprocher ce qui est important. »


« [Death Stranding] est un ‘Hideo Kojima Game’ »


Les mains de Sam Bridges dans Death Stranding
Crédit : Sony Interactive Entertainment

Il ne s’agit pas vraiment d’une dĂ©claration, mais plutĂŽt d’un argument marketing souvent rabĂąchĂ© depuis l’annonce de la sortie du jeu : Death Stranding est un « Hideo Kojima Game ». Cette tendance - un peu mĂ©galomaniaque sur les bords, avouons-le - Ă  mettre systĂ©matiquement son nom en avant lui a d’ailleurs valu quelques critiques sur les rĂ©seaux sociaux. Mais l’objectif d’Hideo Kojima n’est pas de minimiser le travail de ses collaborateurs, loin de lĂ , mais plutĂŽt de se porter garant de la qualitĂ© du jeu, bien conscient de l’imaginaire qui l’entoure. « Je suis moi-mĂȘme impliquĂ© dans la crĂ©ation du jeu de fond en comble. C'est ça, un Hideo Kojima Game » expliquait-il en juin dernier sur Twitter. « Il y a 33 ans (
) les Ă©quipes de dĂ©veloppement ne comptaient que de 5 ou 6 personnes. MĂȘme lorsque l'Ă©quipe s’est agrandie et que les tĂąches ont Ă©tĂ© partagĂ©es, ma façon de faire un jeu n'a pas changĂ©, elle reste dans l’esprit indĂ©. »


« Death Stranding
 mĂȘme maintenant je ne comprends pas le jeu. »


Une riviĂšre dans Death Stranding
Crédit : Sony Interactive Entertainment

Comme on le disait prĂ©cĂ©demment, la campagne de promotion de Death Stranding est assez unique en son genre. Avant la sortie d’un jeu, dĂ©veloppeurs et Ă©diteurs aiment conserver une part de mystĂšre, certes. Mais Hideo Kojima en a fait un argument de vente, jusqu’à dĂ©clarer ironiquement qu’il ne comprenait pas son propre jeu, en se basant sans doute sur les nombreux articles de la presse spĂ©cialisĂ© qui tentaient de dĂ©crypter le phĂ©nomĂšne et l’intrigue. Comme nous, en fait.


La stratĂ©gie de Kojima est risquĂ©e, mais rĂ©flĂ©chie de A Ă  Z. Dans un documentaire diffusĂ© rĂ©cemment par la BBC, on apprend que Kojima monte lui-mĂȘme les trailers de Death Stranding. Toutes les bribes d’informations ou Ă©lĂ©ments de gameplay dĂ©voilĂ©s pendant plusieurs annĂ©es ont donc Ă©tĂ© mĂ©ticuleusement choisis. Par ailleurs, Hideo Kojima a longtemps hĂ©sitĂ© Ă  parler de son titre lors des confĂ©rences, parce qu’il craignait de ne pas rendre justice Ă  sa propre production, tout simplement. « Pendant un moment, les gens m'ont dit qu'ils ne savaient pas quel genre de jeu Ă©tait Death Stranding » raconte-t-il Ă  Famitsu. Et ça m'a fait hĂ©siter Ă  montrer le jeu lors d’un grand Ă©vĂ©nement (
) C’est dur de se faire un avis sur un jeu en monde ouvert comme celui-ci en visionnant une dĂ©mo de 15 minutes. » Reste Ă  savoir si la stratĂ©gie de communication portera ses fruits, mais ça a l’air bien parti.


« Tout le monde va dire que c’est un simulateur de marche ! »


Dans Death Stranding, vous incarnez un livreur
Crédit : Sony Interactive Entertainment

C’est une critique qui revient rĂ©guliĂšrement sur Death Stranding, mĂȘme si on se doute qu’elle est complĂštement fausse avant d’avoir touchĂ© au titre. Comme on peut s’en douter, le fait que le personnage principal (incarnĂ© par Norman Reedus, ndlr) soit un livreur n’a rien d’anodin, et s’inscrit dans une critique plus large de notre sociĂ©tĂ© de consommation. Dans Death Stranding, le but affichĂ© de Kojima est de nous faire rĂ©flĂ©chir Ă  notre quotidien, notamment Ă  notre rapport aux autres, aux rĂ©seaux sociaux (via le systĂšme de likes, ndlr) ou Ă  l’instantanĂ©itĂ©. « Quand j'Ă©tais petit, quand on allait dans une Ă©picerie ou un magasin, on ne pouvait acheter que ce qu'on pouvait transporter sur son dos. » explique-t-il dans une interview Ă  The Face. « Mais maintenant, vous pouvez cliquer sur Amazon et quelqu'un vous le livrera (
) Si vous jouez Ă  ce jeu, vous en serez plus conscient. La prochaine fois que quelqu'un vous livrera quelque chose d'Amazon, vous en serez reconnaissant. »

Précommandez Death Stranding !

Baisse de prix
-57%
Death Stranding
Item No. 98863 98863 SONY Interactive Entertainment France SA 0711719997498
4.2126 5 127
29,99€ 69,99€
In stock new Micromania
En magasin uniquement
Ps4 Pro 1to Edition Spéciale Death Stranding + Death Stranding
Item No. 102174 102174 SONY Interactive Entertainment France SA 0711719326502
469,99€
In stock new Micromania
Occasion
En magasin uniquement
Death Stranding
Item No. 98864 98864 PRODUITS RECYCLES 0711719997498
44,99€
In stock used Micromania