Army of the Dead est déjà un nanar, et je l'aime pour ça
Dossier

Army of the Dead est
déjà un nanar, et
je l'aime pour ça

Crédit : Netflix
Maxime L-G.
Maxime L-G.
Auteur Micromania-Zing

Des gros muscles, des gros flingues, des gros sous… et des zombies. Le pitch d’Army of the Dead par Zack Snyder est nanardesque au possible, et c’est toute sa force.

« Philippe ! Je sais où tu te caches ! » Si tu connais la suite de ce dialogue, tu le sais déjà : c’est bien mignon le cinéma qui fait réfléchir, plein d’intentions artistiques, de cadres parfaits et de réflexions cosmiques sur la nature de l’Homme et toutes ces choses… Mais des fois, il faut aussi déconnecter le cerveau et apprécier un film pour ce qu’il est. Et ce même quand il est juste fondamentalement complètement claqué au sol. C’est ce qui fait la force des grands nanars qu’on aime tous : des films qui n’ont aucun sens sur le papier, mais ils sont faits avec tellement d’amour qu’au bout, ils nous éclatent. Et sur le papier, Army of the Dead qui arrive sur Netflix très bientôt sent déjà un peu le nanar… ce qui est une bonne raison de l’aimer, au fond.

Une logique d’une incroyable beauté

Au-delà du fait que Zack Snyder soit à la réalisation. Au-delà du casting, qui met en scène le respecté et respectable Dave Bautista (et pas uniquement parce qu’il pourrait me retourner en une pichenette). Ce qui est magique dans Army of the Dead, c’est son concept de base. Snyder s’est juste dit : écoute, j’adore Romero, j’ai kiffé la trilogie Ocean’s, je vais juste mélanger les deux tu verras ça va être mortel. Un film de braquage dans un film de zombie. L’un suppose d’arriver à être plus malin que la sécurité, tout le sel étant de voir le plan se dérouler (et le crew se former bien sûr, Rick et Morty nous ont bien souligné l’importance de ce trait). L’autre suppose d’être entouré de morts revenus à la vie, complètement débiles donc mais vraiment motivé à nous croquer les fesses à la moindre incartade. Et pas en bien. Si tu mélanges, sur le papier, c’est un film à propos d’un casse sur un lieu entouré de crétins qu’ont bien la dalle. Magique.

C’est d’autant plus magique que le but final dans un braquage comme ça, c’est quand même de devenir riche. Mais être riche, ça ne fonctionne que dans une société qui tourne, où le capitalisme fait rage. Si la rage du moment c’est plutôt de sauver sa vie à tout prix, comme le sous-entend très légèrement une invasion de zombie, tu vas pouvoir avoir tous les dollars du monde que rien ne se passera pour toi. A part que contrairement à la plupart d’entre nous, tu n’auras pas besoin d’aller faire un stock de papier-toilette. On parle tout de même d’un film dont les héros, sur le papier, voient la fin du monde arriver et trouvent un plan pour devenir riche. C’est à peu près le trait du personnage qui mourra en premier dans n’importe quel autre film du genre. Ajoutez la ville de Las Vegas par dessus, et vous aurez forcément des petits moments de Snyderisme comme on les connaît si bien, qui mettra un bon gros coup de patriotisme bien américain à la pelleteuse sur toute l’image. Oh say can you see…

Et c’est en sachant ça que je vais m’envoyer Army of the Dead de Zack Snyder sur Netflix à la minute où il sera disponible. Parce qu’il faut avouer une chose : le surpatriotisme de Snyder, ça a toujours un petit côté humoristique. Des gros bras qui se lancent dans le plan le plus fumé du monde qu’un seul neurone serait capable de flagger comme une sacré mauvaise idée, ça promet forcément. Et qu’on peut pas enlever au réal qu’il a sacrément l’art de créer des scènes d’action stylées qui vont nous décoller la rétine comme pas deux. Et vous savez quoi ? Après 14 films, jeux, séries, livres et tutti quanti qui avaient vraiment pour but de m’enseigner à être intelligent dans ce genre de situation, j’ai juste envie de voir des perruques exploser en riant du film. Comme lorsque je regarde un bon vieux nanar.