Akira Toriyama et DBZ, de l’amour à la haine
Dossier

Akira Toriyama
et DBZ, de l’amour
à la haine

©BANDAI NAMCO Entertainment
Selim K.
Selim K.
Auteur Micromania-Zing

Revenu comme scénariste depuis 2013, Akira Toriyama a, pendant longtemps, coupé les ponts avec une série qui lui a complètement échappé, et dans laquelle il ne se reconnaissait plus. Mais pourquoi, au juste ?


À l’origine, Akira Toriyama se voit faire carrière en tant que « gag mangaka », dessinateur de manga comique. Mais après un premier manga encourageant (Dr Slump, ndlr), son éditeur lui en commande un autre axé sur le combat. Toriyama s’exécute, et accouche d’un des plus gros succès de l’histoire du manga, avec le désormais classique Dragon Ball. Si l’histoire de Goku marque des générations entières, Akira Toriyama ne prend quasiment plus de plaisir à faire évoluer son personnage. Puis se retire, laissant son bébé orphelin. Le succès de son œuvre le dépasse. D’autres dessinateurs reprennent son univers, le déforme, le change, lui invente une suite. Autant de raisons qui le poussent à reprendre du service, dix-huit ans plus tard, afin de se réapproprier sa création. Mais pourquoi un tel désamour pour une série qui a fait raisonner son nom dans le monde entier ? Pour avoir la réponse, il faut remonter aux origines de sa carrière.


Chômage, cigarettes et Dr Slump


En sortant du lycée, Akira Toriyama annonce à ses parents qu’il ne poursuit pas ses études. L’homme est déterminé à entrer dans le monde du travail, et à rentabiliser ses dessins. Pas question de faire autre chose. C’est d’ailleurs ce qu’il confirme quelques années plus tard, sur un plateau japonais : « À vrai dire, je n’étais bon à rien d’autre que ça ». Et le jeune homme ne se trompe pas, puisqu’il décroche un poste d’illustrateur dans une agence de publicité. Un job qu’il quitte deux ans plus tard, par manque de motivation.

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©KAZE

Au chômage, Toriyama passe son temps à fumer des clopes et descendre des cafés dans des bars. Jusqu’au jour où il ne touche plus ses maigres indemnités. Plus en mesure de s’acheter ses précieuses cigarettes, le natif de Nagoya s’inscrit à un concours de dessins, orienté manga, après avoir aperçu une annonce dans l’un de ses bars favoris. S’il a confiance en ses talents de dessinateur, Akira Toriyama n’a cependant aucune connaissance du monde du manga. Plusieurs années plus tard, il déclare même qu’à ce moment-là il se « rappelle en avoir lus à l’école primaire, mais c’est tout ». Au concours, deux options s’offrent à lui : produire une histoire fictive de 31 pages ou une histoire comique de 15 pages. Par fainéantise – un défaut qui le caractérise - Toriyama opte pour l’histoire comique. Cerise sur le gâteau : il termine ses planches trop tard et rate la date d’envoi. Ne se laissant pas abattre, il envoie quand même plusieurs œuvres à un magazine de prépublication de mangas. Ses réalisations attirent l’attention de Kazuhiko Torishima, qui le prend sous son aile. Après deux ans d’échecs, Toriyama rencontre enfin le succès avec Dr Slump en 1980, une œuvre totalement barrée.


Un premier succès avant la naissance de Dragon Ball


William Audureau, auteur de la biographie « Akira Toriyama et Dragon Ball, l’homme derrière le manga », décrit Dr Slump comme « l’aventure potache d’une fillette robot dans un monde loufoque peuplé d’aliens scatophiles, de scientifiques obsédés sexuels, d’animaux parlants, de superhéros ratés, et de mises en abyme malignes ». Voilà la touche Toriyama, burlesque à outrance. Avec ce côté décalé, parfois limite, il connaît un succès sans précédent : le premier tome s’écoule à 1,9 million d’exemplaires au Japon. Les suivants suscitent le même engouement, et Toriyama se forge une réputation dans le milieu grâce à un style qui lui est propre. Mais les délais très courts de publication finissent par l’essouffler. Il veut arrêter Dr Slump. Torishima accepte mais à une condition : qu’il imagine un manga digne de succéder à Dr Slump. C’est ainsi que Dragon Boy voit le jour, et devient Dragon Ball après quelques refontes.
Fin 1984, le premier chapitre est publié. Malgré les nombreuses scènes de combat, la dimension humoristique reste majoritaire. Trop, sans doute. L’auteur est sous pression : l’éditeur le menace d’arrêter la publication si la situation ne s’améliore pas. L’histoire doit se recentrer sur Goku et se plonger beaucoup plus dans les arts martiaux. Toriyama se plie aux exigences et la popularité du manga monte en flèche en l’espace de deux ans. Fort de ce nouvel élan, il fait grandir son personnage, qui affronte des ennemis de plus en plus badass. Le démon Piccolo, Radditz, Freezer, Cell puis Boo. Les audiences s’envolent aux quatre coins du globe, et Dragon Ball devient un phénomène à part, au sommet de son genre. Mais Toriyama ne s’y retrouve plus. Comme pour Dr Slump, il étouffe à cause des délais de publication très courts. Au point même de vouloir arrêter les frais à la fin de chaque arc, de Freezer à Boo. Ce qu’il finit par faire en 1995, après la mort de ce dernier.

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©BANDAI NAMCO Entertainment

Du repos et des déceptions


Vous l’aurez compris : Toriyama arrête Dragon Ball parce qu’il frôle le burn-out, mais pas seulement. Ne pouvant plus apporter une touche humoristique à ses ouvrages, l’homme se sent enfermé dans une œuvre qui ne lui correspond plus. Au point de dénigrer son propre travail, de ne plus comprendre son succès, comme il le confie lors d’un événement organisé par le magazine Weekly Shōnen Jump : « Ça n’a aucun sens pour moi, puisque j’estime que je ne dessine pas comme il faut. J’imagine que c’est parce qu’on vit dans un monde où on laisse tout passer. Et quand la barre est à ce niveau, vous pouvez dessiner n’importe quoi et personne ne se plaint après en disant que c’est impossible. ». La rupture est réelle, teintée de dégoût.
En arrêtant son œuvre, Toriyama se retrouve en pré-retraite, à 40 ans, avec un compte en banque bien alimenté. Retrouvant la joie de vivre, le père de Dr Slump bosse de temps à autres sur de petits projets, notamment dans l’industrie du jeu vidéo. Dans le même temps, Dragon Ball reste une machine lucrative pour la Toei. Une version alternative de la suite de l’aventure voit le jour avec Dragon Ball GT. Toriyama ne l’a supervisé que de très loin, et ce n’est pas une franche réussite. Mais le point de bascule arrive plus tard, en 2009, lorsque le film en live-action Dragonball : Evolution sort en salles. Véritable affront à la série, le film est moqué par la critique. Pourtant, Toriyama a été sollicité, mais ses conseils ont été ignorés. Un manque de respect qu’il n’a toujours pas digéré.


Le retour du roi


Deux ans plus tard, lorsqu’il est approché par Kazuhiko Torishima pour lire le script d’un film d’animation baptisé Battle of Gods, Toriyama ne se contente pas de le modifier mais prend la responsabilité de le réécrire intégralement. 15 ans après, une nouvelle production Dragon Ball signée Toriyama voit le jour. Le film reprend la trame principale du manga, un an après la mort de Boo, et introduit Beerus le Dieu de la Destruction. Les recettes sont bonnes, meilleures que celles de Dragonball : Evolution. Dans la foulée, un nouveau film est en préparation, Dragon Ball Z : La Résurrection de ‘F’, qui remet Freezer au centre de l’intrigue. Nous sommes en 2013, et Toriyama est une nouvelle fois aux commandes. Les fans saluent ce retour en grâce en se pressant dans les salles. C’est bien réel, Toriyama est de retour, et il semble même y prendre du plaisir comme il l’avoue au magazine V-Jump en 2014 : « En vérité, je ne pensais pas m’impliquer autant, dans la mesure où c’est fatiguant à mon âge, mais je me suis laissé emporter ». À 59 ans, Akira Toriyama est sur le point d’offrir le plus beau des cadeaux à ses fans : une suite à sa série mythique.

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En avril 2015, un communiqué de presse de Toei Animation tombe. La série Dragon Ball est de retour. Dragon Ball : Super est annoncé comme la suite directe de l’œuvre de Toriyama, et ce dernier est crédité en tant que scénariste. Resté loin de son œuvre par désintérêt, dégoût, et tout simplement parce qu’il n’y prenait plus aucun plaisir, le maître mangaka ressort la boîte à crayons et supervise même la réalisation de Dragon Ball Super : Broly, un nouveau long-métrage. Mais ce regain d’intérêt pour sa série pourrait ne pas durer. Au Jump Festa 2019, il déclare que « ceux qui ont déjà vu le film le savent, les scènes de combat de la Toei sont extraordinaires. Mais pour quelqu’un comme moi, rien que de les regarder, c’est épuisant ». Et quand Akira Toriyama ressent plus de fatigue que de plaisir, on sait comment l’histoire se termine.


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