Pourquoi Batman ne tue pas le Joker ?
Dossier

Pourquoi
Batman
ne tue pas
le Joker ?

Crédit : Warner Bros Interactive Entertainment
Yohan H.
Yohan H.
Auteur Micromania-Zing

Bruce Wayne n’a jamais cédé, ou presque, à la tentation ultime de zigouiller son ennemi juré. Pourquoi ? Réponse(s) à travers une sélection de six œuvres emblématiques qui ont façonné l’histoire du Chevalier Noir.


  1. La censure

  2. Batman Detective (1940)


    Inspiré de l’Homme qui rit de Victor Hugo et de Conrad Veidt (un acteur allemand flippant), le personnage du Joker fait son apparition dès le premier numéro de Batman Detective. Dans ce premier pan de la saga (Golden, Silver et Bronze Age), le Joker apparaît plus d’une quarantaine de fois, avec déjà cette particularité d’être increvable. Dans « The Joker Walks The Last Mile » (« Dernière ligne droite pour le Joker »,1942) il finit sur la chaise électrique. Par chance, il est ramené à la vie grâce à un mystérieux sérum concocté par ses sbires. Beaucoup plus tard dans « Sign of the Joker » (« Un signe du Joker », 1976) il tombe dans une mer déchaînée puis revient dans le numéro d’après, frais comme un gardon.
    D’où lui vient cette longévité ? D’un coup de pression de certains comités parentaux dans les années 1940, qui jugeaient Batman trop violent. Celui-ci s’est donc adoucit sous la censure et le Joker, censé être un personnage provisoire, signe un CDI.
    Une récurrence peu justifiée qui convenait cependant parfaitement aux lecteurs de l’époque, préférant la fantaisie au réalisme. Le Joker de Batman Detective endosse le rôle de « l’ennemi juré », une entité invincible et cyclique dont l’invulnérabilité relève du cartoon.
    Ce n’est pas un cas isolé, comme on peut le voir dans d’autres comics. Les super-héros ne tuent pas les méchants, c’est une norme (à l’époque). Et le Joker n’y échappe pas. Quand il ne parvient pas à s’enfuir, il est directement remis aux autorités. Batman, le héros, remet le méchant à la justice. Une vision dualiste et simple, où le Joker revient sans cesse.


  3. Le suicide

  4. Batman : Dark Knight Returns (1986)


    Dans les années 1980, DC Comics connait une révolution. En engageant des auteurs tels que Frank Miller et Alan Moore, Batman devient plus sombre et plus violent.
    Chez Miller, c’est un Batman violent et alcoolique qui reprend du service, accompagné de Robin. Le duo parvient à retrouver le Joker, ou presque. Batman le défonce mais s’arrête à temps. Ou pas, puisque c’est le Joker lui-même qui s’achève en se brisant la nuque afin d’inculper l’homme chauve-souris. Un combat indirectement fatal car pour Batman, tuer un criminel reviendrait à en devenir un. Si le Joker cherche à tuer Batman, c’est surtout pour le provoquer : il préfèrerait avant tout mourir dans les mains du justicier. Ce serait la victoire ultime. Or dans Dark Knight Returns, le Joker à moitié mort constate que le Chevalier Noir résiste à l’idée de l’achever. Il voit alors dans son suicide une dernière chance de lui faire porter le chapeau.
    On comprend que la seule chose qui anime le Joker c’est de voir le héros de Gotham succomber à ses pulsions. Batman, justicier droit et sans failles, doit résister constamment à une pulsion incarnée, une pulsion de mort. Le combat de la raison contre la folie, pourrait-on dire, entre le blanc et le noir. Code couleur symbolique inversé dans Batman, pour peut-être mieux suggérer l’ambivalence entre les deux personnages.


  5. La compassion

  6. Batman : The Killing Joke (1988)


    Alan Moore revisite les origines du Joker et signe un chef d’œuvre de la bande-dessinée. L’histoire principale est axée sur une énième course-poursuite entre Batman et le Joker, entrecoupée de flash-backs où l’on découvre la naissance de celui-ci.
    À l’origine, le Joker est un humoriste raté qui s’engage dans le braquage d’une usine de produits chimiques pour subvenir aux besoins de sa famille. Sa femme enceinte meurt juste avant son casse, électrocutée par un chauffe-biberon. Il se rétracte, mais ses complices peu empathiques l’obligent à participer. Forcément, ça dérape : tout le monde se fait flinguer et en voyant Batman, il tente de s’échapper en sautant dans une mare de produits chimiques. C’est ainsi que le Joker serait né.
    Ce passé compliqué lui confère une certaine profondeur. On le disait, Batman ne veut pas tuer au risque de devenir lui-même un monstre, mais cette histoire amène également un peu de compassion. Ceci dit, The Killing Joke montre un Joker sadique, odieux et sans retenue. Après avoir tiré sur la fille de Gordon, il prend des photos d’elle agonisant pour les diffuser au commissaire pendant sa séquestration. Batman pourrait le disperser façon puzzle pour moins que ça, mais non. La monstruosité de ses actes a un lien avec son passé, et Batman ne peut l’ignorer.

    Crédit : Warner Bros. / Youtube

  7. Par principe

  8. The Dark Knight (2008)


    Christopher Nolan met en scène une relecture de Batman dans un contexte social très réaliste, avec un Joker entré dans l’histoire. Sans entrer dans ce fameux débat pour départager les versions de Nolan et Burton, on peut au moins affirmer ceci : l’adaptation du Joker par Nolan est la plus saisissante d’un point de vue philosophique.
    Il s’agit d’un personnage redoutablement intelligent, d’un nihilisme macabre. Comme le précise Michael Caine : « Some men just want to watch the world burn » (« Certains hommes veulent simplement voir le monde brûler. ») Le Joker se fait l’ambassadeur du chaos, toutefois Batman se retient de l’éliminer. Par exemple, quand celui-ci répète d’un ton diabolique « frappe-moi, frappe-moi » alors que le Chevalier Noir fonce droit sur lui. Il doit résister à cette envie de tuer l’infâme, mais aussi se faire le héraut de valeurs humanistes.
    Un ensemble de principes ébranlé à la fin du film, quand le Joker orchestre la mise à mort de centaines de personnes, toutes piégées sur deux bateaux. Chaque équipage possède une manette capable de déclencher la destruction de l’autre. En faisant ça, le Joker parie sur l’instinct de survie égoïste des occupants.
    Erreur, puisque personne n’appuie sur l’un des détonateurs. Le Joker s’est trompé, les habitants de Gotham (et les hommes en général) sont bons. Ce qui a le don de l’irriter, puisqu’il tente de dézinguer tout le monde par ses propres moyens. Avant d’être stoppé par Batman.
    Celui-ci lui sauve la vie en le retenant avec son grappin. Au final, le Joker finit par admettre que le justicier est bel et bien incorruptible, lui reprochant une forme de droiture désuète. Néanmoins, le Joker n’a pas totalement perdu : comme il l’explique, il a réussi à faire basculer Harvey Dent, le « Chevalier Blanc ». Le Joker voit la folie comme un détonnateur présent en chaque individu, sur lequel il suffit juste d’appuyer pour le faire basculer du côté obscur. Enfin, il glisse également un : « Je pense que nous sommes destinés à faire ça pour toujours ». Clin d’œil à une longue histoire commune, évoquée plus haut.

    Crédit : Eidos Interactive

  9. Pour protéger Gotham

  10. Arkham Asylum (2009)


    Un jeu brillant, devenu culte depuis, où Batman se retrouve coincé dans l’asile d’Arkham. Et symboliquement dans la tête du Joker. Plongé dans les dédales d’une obscurité verdâtre, Batman doit agir seul : toute aide extérieure entraînera une destruction de Gotham (il ne peut compter que sur Oracle et Gordon à distance).
    C’est avant tout une lutte pour Gotham qui se joue. Bien avant ses préoccupations personnelles, Batman est le gardien de Gotham. Et cette posture se trouve menacée par un Joker expansif, transformé en mutant à la fin du jeu avant d’être neutralisé par Batman, qui lui assène un bourre-pif enduit de gel explosif. Pas le temps de se reposer, Double-Face se fait la malle après avoir braqué la Second National Bank : Batman se lance à sa poursuite. Gotham avant tout.


  11. L’exception

  12. Batman (1989) par Tim Burton


    Vestige de l’âge d’or Burtonien, soit une version plus noire, avec Nicholson en Joker bariolé, fun et creepy. Le duel final a lieu dans une cathédrale, où le Joker tente de s’échapper en hélicoptère. Batman, avec son habileté légendaire, lui bloque la jambe. Suspendu à une échelle avec une gargouille de trois tonnes au pied, le bougre ne fait pas long feu et tombe.
    On le voit écrasé sur le parvis, tandis qu’un rire mécanique s’échappe de son costume. Un rire artificiel, objet d’une panoplie. Mais derrière elle il y a un homme… Enfin il y avait, et ça Batman l’a compris. Pour autant, il choisit de le tuer : on peut y voir un choix scénaristique influencé par les œuvres de Miller et Moore, en plus d’un traitement burtonien. Au final : une adaptation très sombre mais aussi une exception qui confirme la règle.


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