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Spellforce : The Order of Dawn

Spellforce : The Order of Dawn

A mi-chemin entre la stratégie temps réel et le jeu de rôle, Spellforce tente de brouiller un peu plus la frontière entre les genres sans pour autant se risquer hors des sentiers battus.
La mode est au mélange des genres. Certes pour l’instant personne n’a osé tenter le croisement entre une simulation de pêche et un jeu d’infiltration (ndr : une idée pour un futur SimBraconnage ?) mais la tendance est manifeste. Heureusement, les développeurs de Spellforce ont choisi des éléments plus conventionnels pour leur tambouille. Résultat, un jeu de rôle qui ressemble à s’y méprendre à un jeu de stratégie temps réel , ou vice-versa…

"500 millions de gobelins, et moi et moi et moi…" (air connu)

Treize mages assoiffés de pouvoir jètent le monde dans les affres du chaos. Alors que les rares survivants à cette catastrophe essayent de survivre aux attaques des créatures maléfiques qui rodent un peu partout, les forces des ténèbres s’apprêtent à porter le coup final. Coup de bol : une prophétie mentionne un sauveur, un humain lié au pouvoir des runes. Second coup de bol : l’humain en question, c’est vous… Elfes, orques, nains, trolls , on réalise vite que le monde de Spellforce ne s’écarte guère des clichés de l’héroïc-fantasy la plus conventionnelle qui soit. C’est également le cas pour l’aventure principale qui ressemble plus à un scénario générique tiré d’un vieux magazine de JdR qu’à une histoire digne de ce nom.
On a même droit à la guerrière bien roulée et court vêtue sur la boîte du jeu, c’est dire... Pourtant, en s’acharnant un peu, on découvre derrière les stéréotypes un jeu plutôt sympathique et bourré de quêtes secondaires motivant le joueur à explorer consciencieusement le monde qui l’entoure.
Click’n’Kill

Le gameplay des deux genres retenus pour Spellforce se marient plutôt bien et les missions font généralement appel à l’un comme à l’autre. Le côté jeu de rôle est représenté par l’avatar que vous contrôlerez tout au long du jeu : nombreuses caractéristiques, compétences ou sorts, gestion de l’inventaire, constitution d’une équipe de héros… Les éléments classiques sont en place. La stratégie temps réel repose également sur des bases saines : collecte de ressources, édification de bâtiments, création d’unités puis bastons. L’utilisation de l’avatar et des personnages qui l’accompagnent dans les batailles est d’ailleurs astucieusement gérée grâce au système baptisé "Click’n’Fight" qui permet de profiter de toutes ses capacités spéciales d’un seul clic de souris. Mais malgré quelques bonnes idées (les ressources qui se régénèrent peu à peu par exemple), on est donc plutôt en terrain connu.

Dans le même ordre d’idée…

Techniquement, Spellforce nous a un peu laissés sur notre faim. Le graphisme a beau être globalement soigné, il n’arrive pas à éclipser certains titres pourtant plus anciens. Voilà qui n’aide guère à digérer le fait qu’il exige une machine de compétition afin de donner le meilleur de lui-même et que les temps de chargement touchent à l’inacceptable. De nombreux petits bugs mineurs ou des oublis purs et simples de fonctions – comme l’absence de possibilité de charger une sauvegarde pendant une partie – donnent à l’ensemble un petit côté "en chantier".
Signalons quand même la présence d’une vue rapprochée en véritable 3D dont l’intérêt est hélas quasi-nul , la vue isométrique reste incontournable dès qu’un soupçon de stratégie est nécessaire. C’est d’autant plus dommage que les bonnes idées ne manquent pas et que certaines unités – les énormes titans de chaque race par exemple – sont carrément excellentes.
Spellforce restera-t-il dans les annales ?

Bien qu’on ne puisse pas lui attribuer l’invention de l’eau tiède, Spellforce remplit pourtant correctement son rôle : les batailles deviennent vite épiques sans pour autant devenir trop confuses, la gestion des différentes races que vous serez amené à commander nécessite de se creuser les méninges pour éviter les affrontements fratricides, les deux gameplays sont suffisamment élaborés tout en restant à la portée des amateurs occasionnels… Dommage qu’il manque cruellement de personnalité. On le recommande donc plutôt aux novices et joueurs intermédiaires qui cherchent un jeu convenable pour passer les fêtes de fin d’année. Du moins, ceux qui auront le courage de télécharger les patchs et qui pourront décrypter le numéro de série fourni avec le jeu…

Test réalisé par Guillaume Pan’.

Avis de la rédaction

A qui s'adresse ce jeu ?
- Aux rôlistes qui aiment la stratégie
- Aux stratèges qui aiment les jeux de rôle
- A ceux qui ont une bonne machine


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- Warcraft III
- Dungeon Siege