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Gray Matter

Gray Matter

Même si c’est sous forme épisodique et dématérialisée, les jeux d’aventure connaissent actuellement une seconde jeunesse. L’occasion pour la géniale Jane "Gabriel Knight" Jensen de faire son come-back ?
Prestidigitatrice autodidacte, la jeune Samantha Everett se rendait à Oxford pour trouver un club très fermé de magie lorsqu’une panne l’incite à "s’inviter" dans la demeure du mystérieux David Styles, un professeur littéralement hanté par son passé. De cette improbable rencontre naît une aventure passionnante.

Esprit es-tu là ?

S’il suffit de quelques minutes à Jane Jensen pour poser l’ambiance de sa nouvelle œuvre et distiller les thématiques surnaturelles qui lui sont chères, Gray Matter démarre lentement, tablant plus sur le mystère ou l’atmosphère que l’horreur qui tache. Il faut aussi dire que les qualités majeures du jeu ne sont pas de celles qui sautent aux yeux mais s’apprécient sur la durée.C’est notamment le cas de l’écriture, franchement excellente. Les dialogues sont à la fois simples et naturels, reflétant avec justesse les caractères de chaque protagoniste. On apprécie particulièrement l’alternance entre la curiosité de l’ironique Sam et les tourments du nostalgique professeur Styles. Quant au scénario, il a beau s’appuyer sur des ressorts familiers, le suspense y demeure constant, savamment entretenu à coup d’incertitudes et de rebondissements.

Elémentaire mon cher Houdini

Pourtant, le jeu impressionne surtout par ses énigmes. Aux antipodes d’un Layton, Gray Matter se fait un devoir de fondre ses puzzles dans la structure du scénario. Chaque situation, chaque casse-tête, sert l’intrigue. On retrouve évidemment des mécaniques classiques, allant de l’observation aux rébus en passant par l’association d’objets, mais aussi des idées originales. Sam se sert parfois de ses talents de magicienne, ce qui implique de préparer le tour en choisissant les gestes effectués et le matériel. Dans tous les cas, la logique est au rendez-vous, à tel point qu’il est rare de bloquer (composez JUDAS dans la cabine). On peut suivre le degré d’avancement de chaque piste au sein d’un chapitre, savoir dans quel lieu il reste des choses à accomplir et même éventuellement s’épargner la chasse au pixel en faisant apparaître toutes les zones interactives à l’écran. Certains regretteront sans doute cette relative facilité (au début surtout), néanmoins, la fluidité de la narration y gagne beaucoup.

Tout dans la tête

Gray Matter se distingue aussi sur console par son interface originale, s’affranchissant de tout curseur. Il suffit d’appuyer sur une gâchette pour faire apparaître une roue et sélectionner l’un des objets à porté de main, Sam ou David se déplaçant alors d’eux même. Plutôt efficace bien qu’un peu anarchique dans cette zone. Le problème, c’est que Gray Matter n’a pas réellement les moyens de ses ambitions sur le plan technique. Si les voix anglaises (jeu en VO sous-titrée français) sont excellentes, les environnements plutôt jolis se révèlent désespérément statiques et mornes. Les personnages souffrent d’animation rigides et les visages affichés durant les dialogues sont immondes. Les cinématiques se composent de dessins fixes, tantôt beaux, tantôt moches, mais surtout "cheap". Rien qui n’empêche d’apprécier le dernier petit bijoux de Jane Jensen, mais le regret que son potentiel ne s’exprime pas pleinement.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 12 ans
- Aux nostalgiques de Gabriel Knight
- Aux amateurs de jeux d’aventure

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- La trilogie Gabriel Knight
- Hotel Dusk sur DS.
- Last Window sur DS.
- Heavy Rain sur PS3.