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Forbidden Siren

Forbidden Siren

Aimez-vous avoir peur ? Vraiment peur ! Vraiment ? Retour sur un titre qui à défaut de faire l'unanimité, a le don de procurer une expérience unique en matière de survival horror.


Petit rappel du contexte pour ceux qui ne se seraient pas attardés sur la preview de Forbidden Siren. Le titre retrace le parcours d'une dizaine de personnages tentant de fuir le village d'Hanyuda, une bourgade de montagne isolée dont la majorité des habitants ont muté en zombis depuis la mystérieuse transformation de sa rivière environnante en une mare de sang. Vu de loin, le cadre de Forbidden Siren ne semble pas follement original. Et pourtant... A peine foule-t-on le sol d'Hanyuda qu'on réalise que dans leur objectif de redéfinir le genre du survival horror, les développeurs de SCEI ont réussi.

Et la Siren retentit...

Forbidden Siren nous plonge d'emblée dans le feu de l'action en commençant par nous mettre dans la peau d'un freluquet désarmé avec à ses trousses un flic décharné prêt à lui trouer la peau. D'instinct, on se réfugie dans la première bicoque venue, on récupère un jeu de clefs, et on court s'engouffrer dans une bagnole direction l'inconnu. Le ton est donné.
Une des originalités du soft est de proposer une progression à base de missions. Celles-ci s'enchaînent dans un ordre non chronologique, aux commandes de différents persos, qui, tantôt seuls, tantôt avec à leur charge une frêle donzelle (d'affreux boulets freinant l'avancée) traversent Hanyuda dans le même but : s'échapper et trouver des indices expliquant la malédiction.
Pendant les missions, on reçoit des indications quant à la marche à suivre : passer pont, trouver outil, arme, etc. Résultat, malgré l'absence de chronologie et la largesse du casting, on se sent vite prisonnier d'un jeu répondant à des règles très strictes.
Loup y es-tu ? M'entends-tu ?

Plus encore que Project ZERO, le soft place le joueur en position de victime. Ici, pas de jauge de vie, ni de kit de soin. Deux balles dans le corps et Bam ! C'est la mort assurée. Pour se battre, on doit souvent faire avec les moyens du bord (tisonnier, lampe torche), et même avec un flingue, le combat reste inégal. Les zombis sont nombreux, surarmés, organisés. Ils guettent, font des rondes, et quand on arrive à en tuer un (Yes !), c'est pour mieux le voir revivre la minute d'après (Naaaan !). Pour survivre, il faut compter sur une autre innovation : la "view capture". Explication : en conciliant gâchette et pad, on peut voir les décors via les yeux des autres persos (vivants ou revenants). Une espèce de télépathie vidéo-ludique. Peu intuitive d'utilisation, l'option se révèle pourtant vitale pour repérer position et itinéraire des ennemis, tout en ajoutant au climat oppressant vu que pendant que l'on triture le stick en quête d'une image claire (la recherche s'accompagne d'un écran parasité comparable à celui du réglage d'un téléviseur), on est temporairement impuissant. Voilà en tout cas une belle originalité.

A qui s'adresse Forbidden Siren ?

Forbidden Siren se démarque aussi des autres survival horror par son niveau de difficulté très élevé. On y meurt facilement (trop facilement), et souvent (trop souvent). Pour vraiment profiter du jeu, il faut déjà avoir de l'expérience en la matière, mais aussi être prêt à refaire inlassablement les mêmes niveaux, sans pour autant tomber dans le piège de l'écoeurement. Et là réside tout le problème du soft.
A force de traverser ad libitum les mêmes forêts et villages sombres et embrumés (à l'architecture néanmoins soignée et hautement réaliste), non seulement on sature, mais pire encore, on finit par s'y sentir à l'étroit. Au bout de quelques heures, on s'aperçoit que le soft nous a finalement procuré plus d'énervement que de frayeurs.
Et si l'approche choisie par SCEI est originale et digne d'intérêt, on reste dubitatif quant au public visé, vu que le jeu risque de ne pas répondre aux critères des fans des maîtres du genre que sont Silent Hill et Resident Evil.

Test réalisé par Carine Larsen

Avis de la rédaction

A qui s'adresse ce jeu ?
- Aux joueurs matures et expérimentés
- A ceux qui en avaient marre de butter du zombi à la kalachnikov
- Aux joueurs persévérants
- A ceux qui aiment avoir peur


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- Premier du genre