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Call of Duty : Black Ops

Call of Duty : Black Ops

Décidément, une image colle longtemps à la peau. Treyarch, malgré l’excellent Call of Duty : World at War, est encore trop souvent considéré comme le second couteau sur la série. Black Ops est leur grande chance de faire cesser cette injustice. L’ont-ils saisi ?
Call of Duty : Black Ops est un jeu qui a la rage de vaincre. Marre d’être considéré comme un studio de seconde zone et d’être traité avec mépris, Treyarch offre une incroyable expérience FPS cinématique. Le studio ne s’est rien refusé, pas même les voix de Ed Harris, de Gary Oldman (qui retrouve son personnage de Viktor Reznov), de Sam Worthington, ou de Topher Grace pour ne citer que les plus connus. En solo comme en multi, il tente d’ouvrir de nouveaux horizons à la série.

Le Metal Gear Solid 3 de Treyarch

Comme Metal Gear Solid 3 à qui il rend d’ailleurs un hommage appuyé durant une séquence, Call of Duty : Black Ops est ancré dans les années 60 et plus spécialement dans la Guerre froide qui a opposé durant presque une décennie les Etats-Unis et l’OTAN au bloc soviétique.C’est l’occasion de revisiter les événements historiques majeurs de cette période sous l’angle de la guerre secrète que se livraient les deux nations. Black Ops tisse un scénario captivant et obscur qui s’inspire de faits très populaires parmi les amateurs de théories du complot. Cuba, l’assassinat de JFK, le projet MKULTRA (test de psychotropes sur les étudiants à leur insu dans les années 60), la guerre secrète au Laos, le goulag de Vorkuta et les expériences effectuées sur les prisonniers américains enlevés au Vietnam et à Berlin-est. En filigrane, le joueur attentif trouvera même durant les intermissions des références aux Illuminatis et autres clins d’œil. En plus de son scénario ambitieux et, finalement, très éloigné de la dimension plus réelle des précédents volets. Black Ops innove également dans sa mise en scène. Les briefings militaires des Modern Warfare ont disparu pour laisser la place à des cinématiques plus traditionnelles. Mais c’est en cours de jeu que le nouveau bébé de Treyarch surprend le plus. Il se transforme presque en Uncharted dans le découpage de ses transitions entre phases de jeu et cinématique. Sur le plan narratif, il offre des sensations inattendues et laisse présager d’une piste à creuser pour le futur de la série.

Comme à la maison

Si la forme a évolué, le fond reste similaire. Black Ops se joue exactement comme tous les volets de la série depuis le premier Modern Warfare. S’il n’y a plus d’effets de surprise, la sensation d’être "à la maison" et de pouvoir rentrer d’emblée dans l’aventure est particulièrement agréable. Comme ses prédécesseurs, le jeu est idéalement calibré en mode de difficulté Normal. La progression demeure fluide, avec ce qu’il faut de danger ponctuel pour avoir l’impression d’y avoir échappé d’un cheveu. Le remarquable sens de l’immersion n’est jamais entachée par les mécaniques du type « je meurs, je recommence » qui interviennent obligatoirement dans les niveaux de difficulté supérieurs. Bien entendu, les joueurs désireux d’en découdre peuvent choisir de sacrifier la dimension cinématique au profit du challenge guerrier. Si le syndrome de la « grenade téléguidée » a définitivement disparu des modes Commando et Vétéran, les errements de l’IA, ou le dérapage de certains scripts si on est trop rapide à accomplir les objectifs, sont malheureusement toujours présents. En contrepartie, pour ceux qui veulent souffrir, le mode Vétéran donne au joueur une résistance équivalente à celle d’un Chihuahua au Pôle Nord et transforme ainsi la progression en une lutte, voire même un sacerdoce, de tous les instants. Au final, en matière d’expérience solo, on peut considérer que tout le monde est contenté. Call of Duty, c’est aussi une énorme dimension multijoueur. De ce point de vue, Black Ops ne déroge pas à la règle. Le mode Zombies revient à travers deux cartes jouables en coopération, ainsi qu’une petite surprise baptisée Dead Ops Arcade. Si le cœur du multi est similaire aux précédents volets sur quatorze cartes inédites, le jeu apporte son lot d’innovations. Tout d’abord un nouveau système monétaire : l’expérience gagnée, en plus de faire monter de niveau, se transforme aussi en points CoD. Cela permet désormais d’acheter les attachements d’armes, etc. Cela permet également d’introduire les matchs à paris : les joueurs misent de l’argent et s’ils sont dans le top 3 à la fin du match, ils gagnent plus que leur mise. Ce mode propose également des conditions de jeu original comme "une balle dans la chambre" qui rappelle le mode Golden Gun de GoldenEye. On trouve même, un tout nouveau mode cinéma qui permet de revoir ses meilleures actions, celles des autres joueurs ou de ses amis.

Le rouleau compresseur de l’année

Doté d’une vraie personnalité, Black Ops est définitivement l’épisode qui fait sortir Treyarch de l’ombre. Avec son ambiance nihiliste et sa violence non censurée, la campagne solo est marquante de bout en bout, et les nouveaux éléments de mise en scène introduits par le développeur apporte une épaisseur bienvenue à l’expérience globale. Le mode multi se renouvelle suffisamment, tout en conservant tous les points forts précédents, pour durer des centaines d’heures. Bref, Call of Duty : Black Ops est le blockbuster ultime de 2010. Son seul défaut est finalement de ne pas oser suffisamment se démarquer des origines de la série. Ça n’enlève rien aux qualités du titre, mais Treyarch a désormais une sacrée pression pour le prochain volet qui ne pourra plus se contenter d’appliquer cette recette à la lettre.

Test réalisé par Emmanuel Touchais.

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 18 ans
- A ceux qui aiment les théories du complot
- A ceux qui aiment la série Call of Duty

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- Call of Duty : World at War