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Les consoles rétro ont le vent en poupe

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Nombre d’entre nous ont débuté dans le jeu vidéo avec des machines comme le Comodore 64, l’Atari 2600 ou la NES. La nostalgie envahit-elle toute une génération ? En tout cas le phénomène des consoles rétro fait un véritable carton !


Dossier réalisé par Arnaud Papeguay.

Débarquée en France en ce mois d’octobre 2018, la NeoGeo Mini est la dernière-née d’une grande tendance actuelle : offrir au joueur des versions compactes de machines de légendes des années 80-90. Chacune avec un lot de jeux intégrés et la possibilité d’être connectée sur une télévision actuelle.

 

Quand on y regarde de plus près, ce phénomène semble avoir accéléré avec le succès énorme de la NES Classic Mini, sortie en 2016. Au rythme des ruptures, la folie s’est emparée des joueurs nostalgiques. Et aujourd’hui, nous comptons de plus en plus de ces mini-machines à souvenirs. Abordons-les dans l’ordre de sortie (plus ou moins...) de leurs vénérables ancêtres !

 


 

Atari Flashback 8 Gold HD


Sortie en 1977 aux Etats-Unis, la console Atari 2600 arrive chez nous en septembre 1981. Son vertigineux processeur cadencé à 1,19 MHz affichait (en version SECAM française) 8 couleurs à l’écran. La grande classe !

 

La version "mini" de cette machine est proposée avec 120 jeux dont les incontournables Space Invaders, Grand Prix, Pong et Pitfall. La console est livrée avec deux manettes et reste compatible avec celles d’origine ! Comme souvent, l’affichage passe par un port HDMI qui autorise un "upscale" de l'image en 720p.

 

A signaler que l’Atari Flashback 8 Gold existe aussi en édition spéciale Activision avec 130 jeux dont pas moins de 39 issus du catalogue de l’éditeur américain.

 


 

The C64 Mini


Voici un grand bond dans le passé avec The 64 Mini. Nous sommes en 1982 quand sort une bête de course, un ordinateur surpuissant doté d’un processeur 8 bits et de 64 Ko de RAM.

 

Cette reproduction miniature, équipée d’un clavier factice, comprends 64 jeux à diffuser sur nos écrans modernes via HDMI. Un joystick est inclus et vous pouvez même brancher un clavier, un vrai, pour utiliser le C64 Basic, comme au bon vieux temps ! En plus, vous pouvez aussi ajouter vos propres programmes sur la machine grâce à une clé USB !

 


 

NES Classic Mini


Voici une console de légende : la NES ! Sa réédition a véritablement été un carton et on peut dire que depuis tous les constructeurs se ruent plus que jamais sur le phénomène des consoles "Mini". La véritable console sort initialement en Europe en 1986 avec sa forme carrée, très bien reproduite sur cette "Mini" dotée d’une excellente finition !

 

La Nes Classic Mini est livrée avec 30 jeux dont la majorité ont été de véritables "hits", tels The Legend of Zelda, Zelda 2, Super Mario Bros. 1, 2 et 3 ou encore Punch Out ! et Mega Man 2. La sélection s’avère vraiment qualitative et a certainement contribué à l’énorme réussite de cette réédition ! La manette reprend également exactement la forme de celle d’époque et est compatible avec les jeux NES de la console virtuelle sur Wii et Wii U. Il suffit alors, pour l’utiliser, de la connecter à une télécommande Wii !

 


 

Mega Drive Mini HD


Elle arrive au Japon en 1988 et 2 ans plus tard en Europe, grillant la priorité à Nintendo dans la course aux consoles 16 bits : il s’agit de la Mega Drive de Sega. Positionnée sur un créneau plus mature, faisant la part belle à ce qu’on nomme le "jeu d’arcade", la belle machine noire signe son retour depuis l’an dernier avec la Megadrive Mini HD.

 

Cette "Mini" est fournie avec la bagatelle de 85 jeux dont 4 épisodes d’AlexKid, les 3 Golden Axe, 3 Mortal Kombat ou encore une avalanche de titres Sonic ! Elle est livrée avec 2 manettes sans fil et peut même lire les cartouches Mega Drive originales, si vous en possédez encore ! Une fonction 2 en 1 qui constitue un remarquable atout pour profiter de jeux mémorables sur un écran plat, avec "upscalling"720p.

 


 

Super Nintendo Classic Mini


Autre grand succès de Nintendo, la Super Nintendo arrive chez nous en avril 1992. Elle vise à concurrencer la Mega Drive de Sega. A l’époque, la Super Nintendo impressionne avec ses effets de zoom et de rotation, faisant du géant de Kyoto un leader technologique sur son marché.

 

Pour la première fois, les joueurs qui adoptent la Super Nintendo Classic Mini peuvent profiter de Star Fox 2, la suite du jeu Star Fox original qui fut créé à l'époque de la Super Nintendo mais n'est jamais sorti... nulle part ! Mais ce n’est pas tout, la machine est fournie avec deux manettes et 21 jeux pré-installés.

 

Citons parmi eux Contra III, Secret of Mana, Star Fox (le 1 et donc aussi le 2), l’indémodable Street Fighters II, l’immortel Super Mario Kart, Super Mario World (1 et 2), etc. Tellement de bons jeux qu’on les citerait tous sans pouvoir s’arrêter !

 


 

NeoGeo Mini


La NeoGeo! La Rolls des consoles, sortie en 1990, qui faisait rêver dans les cours de collège avec ses jeux identiques à ceux des bornes d’arcade. Oui, on parle d’une époque lointaine où la technologie sur les bornes d’arcade enterrait nos consoles de salon… Nous rêvions tous de la NeoGeo avec ses énormes cartouches coûtant un rein.

 

Bref, pour les 40 ans de la marque SNK, voici la NEoGeo Mini avec… 40 jeux ! Parmi eux citons Kings of Fighters ou encore Metal Slug.

 

La console se présente comme une mini-borne d’arcade avec son écran 4/3. Mais si vous possédez un câble mini-HDMI / HDMI vous pouvez relier la borne à une télévision pour jouer sur grand écran. Du coup, vous pouvez y adjoindre une manette NeoGeo (vendue séparément).

 


 

A venir : PlayStation Classic


Le 3 décembre, notez-le dans vos agendas, la PlayStation Classic débarque. Reprenant le look (en 45% plus petit) de la première PlayStation de Sony, sortie en septembre 1995 en Europe, elle est fournie avec 20 jeux. Dans cette liste, du très lourd comme GTA, Final Fantasy VII, Metal Gear Solid ou encore Tekken 3.

 

La célèbre manette, à l’époque sans stick analogique, est évidemment au rendez-vous !

 


 

La rumeur : N64 Classic Mini

A l’heure où nous écrivons ces lignes, cela reste une rumeur. Mais il y a beaucoup, beaucoup de bruit autour d’une hypothétique N64 Classic Mini. Vous savez, la console avec sa manette à la forme improbable qui nous a plongés dans des heures de baston acharnée sur un certain GoldenEye… Mais Nintendo reste muet. Irrésistiblement muet…

 


 

Mais aussi… La Retron


A l’opposé des "Mini" consoles disposant de jeux embarqués et, à quelques rares exceptions près ne permettant pas d’ajouter des jeux ou de brancher des cartouches, il y a une autre sorte de machine. Il s’agit de consoles plus chères mais dotées de ports cartouches capables de lire les jeux d’origine grâce à une émulation logicielle.

 

C’est par exemple le cas de la RetroN5 capable d’ingurgiter les cartouches NES, Famicom, SNES, Super Famicom, Genesis, Mega Drive, Game Boy et Game Boy Color. On y trouve aussi souvent des "cheats" inclus que, bien évidemment, les puristes s’interdiront d’utiliser !

 


 

Interview : Guillaume Verdin, Responsable éditorial le Mag MO5.com et Responsable du suivi des expositions de l'association MO5.com

Amiga 500

 

Micromania : Pouvez-vous nous présenter l’association MO5.com ?
Guillaume Verdin : L’association a été créée en 2003 mais en fait son histoire remonte à 1996 avec un site Web lancé par notre président, Philippe Dubois. Il s’agissait d’un musée virtuel qui avait pour but de rencontrer des collectionneurs et de regrouper leurs collections. L’idée était de diffuser ces machines et leurs jeux, pas que de les préserver. Elles s’abîment mais si on ne les sorts pas, elles seront oubliées. Il y a également le Mag MO5.com qui constitue la partie éditoriale du site et qui permet de montrer ce que fait l’association, de traiter de l’actu des consoles "Mini" afin d’attirer le public vers l’association.

 

M. : Que pensez-vous de la mode des "Mini" consoles ?
G.V. : Les "Mini" sont quelque chose de positif pour que les gens connaissent ces anciens jeux et ces machines. De plus en plus de joueurs ont envie de connaître les racines d’une série, comme SoulCalibur ou Tomb Raider (ndlr : à la Paris Games Week le stand MO5.com proposait SoulCalibur 6 sur PS4 à côté de SoulCalibur sur DreamCast). Les "Mini" consoles participent à un mouvement général qui est l’intérêt pour le patrimoine du jeu vidéo. Avant, les constructeurs, en particulier au Japon, n’étaient pas chauds. Car là-bas tout ce qui concerne le passé, dans le domaine des technologies, n’intéresse pas. Mais il y a tout de même des sociétés comme Nintendo qui ont toujours voulu préserver leurs licences. Le musée virtuel dans WarioWare ou la Console Virtuelle sont de bons exemples.

Du côté négatif, on pourrait dire que ces anciens jeux sont émulés en HD et sont donc différents des originaux. Beaucoup de gens ne savent pas non plus qu’il ne faut pas utiliser le mode "Cinéma" de leur télévision qui provoque du lag à cause du traitement de l’image.

 

M. : Alors rien ne vaut l’expérience originale ?
G.V. : Les consoles "Mini" cela reste pour moi du rétro-gaming. L’expérience originale a aussi ses inconvénients. Comme les temps de chargement par exemple. Les écrans cathodiques disparaissent également et même les écrans LCD 4/3 se font de plus en plus rares. Quant au support disquette, il pose des soucis car le caoutchouc des courroies des lecteurs finit par se dégrader et casser. Certaines disquettes ne fonctionnent plus. Et ce n’est pas mieux pour les lecteurs CD qui finissent par fatiguer eux-aussi. On est obligé de passer par des émulateurs de lecteurs lisant les jeux originaux sur des clés USB.

 

M. : Nous parlions de Nintendo, la NES Classic Mini a-t-elle initié une mode ?
G.V. : Il y a eu avant d’autres petites consoles qui se branchaient sur la télévision avec quelques jeux dedans. Généralement il s’agissait de clones mal finis. Et avant la NES Classic, il y a eu la C64DTV ("C64 Direct-to-TV) ou encore l’Atari Flashback qui en est à sa 9e édition. Mais la NES Classic est à part car elle est vraiment bien finie et son émulation est de qualité. La NES a aussi été une console très populaire en son temps. En quelques mois, lors de sa première diffusion en 2016, la NES Classic Mini a atteint 2,3 millions d’exemplaires vendus ! Alors forcément tous les constructeurs veulent s’y mettre.

 

Stand association MO5.com à la PGW
Stand association MO5.com à la Paris Games Week

 

M. : Le marché du rétro-gaming est-il donc en extension ?
G.V. : 95% du rétro-gaming, c’est de la nostalgie. On a envie de retrouver notre enfance quand on arrive à 20 ou 30 ans. Il y aura toujours cette nostalgie, génération après génération. Il y a aussi la curiosité des plus jeunes. Comme au cinéma, une ludophilie va se développer grâce à cet intérêt pour les jeux du passé et l’origine des licences. Par contre, il y a une spéculation inquiétante qui se développe autour des vieilles consoles et ordinateurs, j’ai peur que cela crée une bulle.

 

M. : Avec l’âge des machines, des pannes vont se multiplier. Est-on condamné à perdre tout un pan de l’histoire du jeu vidéo ?
G.V. : C’est déjà le cas, certains jeux sont perdus à jamais. Le Net est très américano-centré donc certains vieux jeux français ou japonais ont déjà disparu de l’histoire. En plus, au Japon, les disquettes et cassettes moisissent à cause du climat.

Le jeu vidéo est un média jeune qui manque d’historiens et de chercheurs. Sans domaine universitaire pointu, la conservation va être compliquée. Les machines pourront toujours être émulées ou recrées, si on a encore les plans. Par contre, certains jeux et leurs codes sont perdus. C’est pour cela que, grâce aux salons comme la PGW, il est important de diffuser le rétro-gaming. On peut aussi penser à des portails par abonnements sur lesquels les constructeurs pourraient déposer leurs jeux.

La BNF est aussi supposée recevoir deux exemplaires de chaque jeu depuis 1993 mais tous les éditeurs ne respectent pas cette demande. En outre, la BNF doit retrouver tout ce qui est antérieur… Le SELL (ndlr. : Syndical des Editeurs de Logiciels de Loisir) peut avoir un rôle pour convaincre les éditeurs.

 

M. : Avez-vous un message pour les fans de rétro-gaming et les éditeurs ?
G.V. : Lisez le mag, suivez-nous et n’hésitez pas à nous soutenir sur Tipeee pour nous aider à poursuivre notre travail de conservation. Devenir membre de l’association, cela permet aussi d’avoir un badge d’exposant sur les salons et vous pouvez emprunter des machines ou faire réparer la vôtre.

Quant aux éditeurs, gardez vos archives ! Donnez-les si cela vous prend trop de place. Rééditez vos jeux. Quand un éditeur disparaît, l’accès aux jeux devient très compliqué ! Il faut retrouver les ayants-droits, qui détient le code...