Nioh 3 : mais au fait, c’est quoi un souls-like ?
Dossier
PUBLIÉ LE 17 déc. 2025

Nioh 3 :
mais au fait, c’est quoi un
souls-like ?

Crédit : Koei Tecmo
PUBLIÉ LE 17 déc. 2025

Nioh 3 débarque. Le 6 février, la franchise développée par Team Ninja (Ninja Gaiden, Dead or Alive) revient. Forcément, entre ses combats, sa difficulté et sa DA... le mot souls-like est employé. Cette appellation, c'est LE nouveau mot fourre-tout du gaming. Alors aujourd'hui, on remet les pendules à l'heure en répondant à la grande question : c'est quoi un souls-like ?

Alors que l'on sort à peine des Game Awards (bravo à Sandfall Interactive et Clair Obscur : Expedition 33), il est déjà temps de se tourner vers l'année 2026. Côté jeu vidéo, elle s'annonce potentiellement grandiose (as-tu déjà entendu parler de GTA ?). Mais avant le titre de Rockstar Games, place à celui de Koei Tecmo. Depuis 2017, sur PlayStation 4, la licence régale les joueurs exigeants avec son contenu qui a tendance à punir la moindre erreur. Du coup, pas mal de joueurs qualifient le jeu de souls-like, mais est-ce vraiment le cas ? Et surtout : quels sont les ingrédients que l'on retrouve dans un souls-like ?

Place à la dark fantasy

D'un côté de l'échiquier vidéoludique, on a Animal Crossing, Stardew Valley et toute une cohorte de jeux tous mimi. De l'autre, dans la team souls-like, on a presque toujours une inspiration qui nous vient de la dark fantasy. Pour faire court : tout est sombre. Elden Ring, Demon's Souls, Dark Souls, Lies of P, Bloodborne, Sekiro, Lords of the Fallen, Blasphemous... les environnements semblent inspirés du Seigneur des anneaux, mais uniquement du Mordor, avec des boss comme Godrick qui se coupe le bras pour y accrocher une tête de dragon et balancer des flammes. Est-ce que tous les souls-like prennent place dans des univers de dark fantasy ? Non, mais c'est assez récurrent pour faire partie des marqueurs qui définissent le genre.

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Crédit : Sony Computer Entertainment

La difficulté omniprésente

On en vient au grand dénominateur commun : la difficulté. Depuis Demon's Souls en 2009, les joueurs se rassemblent derrière ce sentiment d'accomplissement qui les envahit lorsque finalement, après des heures à baigner dans leur propre seum, ils finissent par vaincre un boss. Bon, il faut le dire, cela a aussi coûté quelques manettes et causé plusieurs ragequit, voire désinstallations.

À la croisée des chemins avec les rogue-likes qui aiment parfois nous faire perdre nos personnages pour toujours (des bisous à The Darkest Dungeon), la mécanique des âmes que l'on perd en cas de deuxième mort chère à FromSoftware vient renforcer le côté sans cœur des souls-likes. De même, dans les niveaux (ou un monde ouvert), l'exploration est encouragée, et se fait au prix de nombreuses chutes et décès. Mais ces aspects, ce ne sont pas les seuls que l'on retrouve régulièrement.

La grande recette du souls-like

Pêle-mêle, voici les mécaniques et spécificités que l'on retrouve dans la grande famille des Dark Souls et de leurs enfants :

  • Un univers sombre, voire même un héros bien fatigué (avec une soupière sur la tête ?)
  • Une difficulté de tous les instants
  • Des niveaux et un game design retors
  • Des ressources limitées, notamment au niveau des soins
  • Une progression parfois proche du "Die & Retry"
  • Une endurance qui vient restreindre les possibilités en combats
  • Des builds multiples
  • Des boss aux patterns complexes
  • Une narration indirecte qui passe par l'exploration du monde
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Crédit : Microsoft

À cause de tout cela, mais surtout du succès des jeux FromSoftware, aujourd'hui, on a tendance à coller la même étiquette sur n'importe quel soft un tant soit peu difficile qui reprend certaines mécaniques. La licence Ninja Gaiden par exemple, qui date de 1988 et a des points communs avec les jeux imaginés par Hidetaka Miyazaki, n'est évidemment pas un enfant de chez FromSoft. D'ailleurs, on la doit aussi à Team Ninja. Récemment, la même histoire s'est répétée avec Silent Hill f. En cause ? Des combats au corps-à-corps, une touche d'esquive et la présence d'une barre d'endurance. Ce questionnement a passablement agacé le producteur du jeu, Motoi Okamoto : "Tout cela (les mécaniques, NDLR) n'est pas nouveau ni exclusif aux jeux 'soulslike'. Cela fait partie des jeux d'action et d'horreur depuis très, très longtemps. Si vous possédez ces éléments, vous êtes étiqueté comme un soulslike. Nous tenons à réaffirmer que nous sommes un jeu d'action et d'horreur, mais que nous ne sommes pas un 'soulslike'."

Un abus de langage ?

Si tu prends un billet pour le Japon et que tu vas au siège de Koei Tecmo pour demander à Fumihiko Yasuda, le game director de Nioh, comment il définit son jeu, ne t'attends pas à entendre les mots "souls" ou Entre-terre. Au contraire, il a un mot bien plus adapté : "Masocore". Si tu ne l'as pas, on va t'aider : c'est la contraction entre masochisme et hardcore, et désigne des jeux volontairement sans pitié avec le joueur. Finalement, est-ce que ce ne serait pas plus juste de désigner Nioh comme un masocore, ou un action-RPG, plutôt qu'un souls-like ? Après tout, Tecmo a sa propre patte, et leur recette est connue depuis des décennies.

Dans le monde des FPS, au cours des années 90, le monde du JV a connu une phase similaire. Avec id Software, et après la sortie de Doom en 1993, les journalistes et les joueurs ont commencé à aborder n'importe quel autre shooter en parlant de "Doom clone". Pas convaincu ? Sur Usenet (l'ancêtre d'Internet), jusqu'en 1997, les occurrences des mots "Doom clone" étaient plus nombreuses que "FPS" ou "First person shooter". Est-ce que tu t'imagines, aujourd'hui, parler de Battlefield ou de Call of Duty comme d'un clone de Doom ?

Des différences au cœur du gameplay

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Crédit : Studio MDHR

Au-delà de ce mot valise, Nioh ne partage finalement que peu de choses avec les souls. Oui, le jeu est dur, tout comme Battletoads, Celeste ou Cuphead. Parfois, mourir a des conséquences sur la suite du jeu, comme dans ARC Raiders ou Alien: Isolation. Dans Nioh, les combats sont bien plus fluides et rapides que sur les jeux FromSoftware. Certes, les builds peuvent varier, mais c'est tout aussi vrai sur n'importe quel RPG. Si on part dans cette direction, en mettant Clair Obscur : Expedition 33 en difficile, on pourrait presque le qualifier de souls-like, notamment grâce aux animations des ennemis.

Qu'on ait des soins limités, une vue à la troisième personne, des combats en temps-réel, une barre d'endurance et une narration qui passe par l'univers (sans oublier le respawn des ennemis non-boss) ne veut pas dire que le jeu est un direct descendant des Souls. Sinon, Stellar Blade ferait lui-aussi partie de la famille. Dans les faits, on est sur un action-RPG pur et dur, qui se nourrit évidemment des influences récentes du monde du jeu vidéo.

Quoi qu'il en soit, que tu choisisses de dire que Fall Guys est un battle royale ou Nioh un souls-like, le type de jeu importe peu. Une seule chose est sûre (et importante) : on est sur une franchise de qualité. Bon, c'est aussi un soft qui va te pousser dans tes retranchements, mais souffrir, c'est aussi ce qui rend l'expérience mémorable, non ?

Nioh 3 est disponible en précommande sur PS5.

Nioh 3