Dystopies dans le jeu vidéo : rions sous les bombes
Dossier

Dystopies dans le jeu vidéo :
rions sous les bombes

Crédit : Private Division
Nico Prat
Nico Prat
Expert Micromania-Zing

Perdu durant le voyage d’un vaisseau de colonisation en direction du fin fond de la galaxie connue, vous vous réveillez bien des années plus tard que prévu, pour vous retrouver en plein cœur d’une conspiration visant à détruire la colonie d’Halcyon. Telle est l’histoire de The Outer Worlds, désormais enfin disponible sur Nintendo Switch.

Prenons la définition du dictionnaire : “au contraire de l'utopie, la dystopie relate une histoire ayant lieu dans une société imaginaire difficile ou impossible à vivre, pleine de défauts, et dont le modèle ne doit pas être imité. 1984, de G. Orwell, est l'exemple parfait de la dystopie”. The Outer Worlds en est un autre ! Un jeu riche en choix, en regrets. Un jeu dépeignant une société visant le meilleur, mais au sein de laquelle ses hommes et ses femmes vivent dans un état de servitude.

La dystopie est un genre à part entière, littéraire, cinématographique, mais aussi vidéoludique. Mais elle n’est pas condamnée à être vecteur de nouvelles apocalyptiques. Au sein de ces univers sombres, malsains subsistent de bonnes raisons d’avoir foi en l’humain, et d’authentiques moments de pur fun.

Vous avez le choix.

Curiosité de l’année 2013, Papers, Please se déroule en Arstotzka, où le joueur incarne un inspecteur des douanes. Le but est donc tout simplement de contrôler les passeports des arrivants. Rigolo donc, mais dans les faits, la ville est une une dystopie communiste, et le joueur, un laquais au service d’un pouvoir malveillant. Politique, évidemment. Mais humain, aussi, le jeu nous laissant, tout du moins en apparence, notre libre arbitre, et donc la possibilité, dans les faits, d’abolir cette frontière.

Triez vos déchets !

Dans Oddworld (1994), une civilisation composée d’étranges créatures souhaite vivre de façon traditionnelle, ancestrale, dans un univers sans technologie, alors qu’une autre, industrielle, tente d’imposer son capitalisme sauvage. Le jeu vidéo emprunt d’une conscience écologique ? Oui, et cela ne date pas d’hier. Fantasme d’urbaniste, le jeu vidéo SimCity, créé en 1989, donnait déjà les moyens de bâtir sa ville idéale. Dystopie ou utopie, il n’appartenait alors qu’à nous de choisir, mais la possibilité d’un monde plus vert, plus juste, était à notre portée.

Crédit : Ubisoft

Chaos

Une dystopie peut-elle être aussi, osons le mot, cool ? Oui, c’est possible. Certains jeux optent pour un cadre dystopique sans forcément s'embarrasser d’un fort propos politique. C’est par exemple le cas de Watch Dogs (2014), qui sous couvert de dénonciation de la surveillance de masse, nous met dans la peau non pas d’un héros luttant contre cet état de fait, mais d’un antihéros l’utilisant à ses propres fins (la vengeance). En vrai, on passe surtout des heures à créer des accidents en déréglant les feux de circulation. Pour le message, on repassera, mais pour le fun, on est bien là !

Le monde d’après

L’exemple, ou plutôt les exemples les plus évidents constituent la série Fallout, qui se déroule dans une Amérique ravagée par une guerre nucléaire mondiale. Des jeux qui ne se contentent pas de nous montrer l’après, la survie, mais qui nous encouragent à imaginer l’avenir, et donc à transformer une dystopie, cauchemardesque, en utopie. Bien évidemment, après avoir zigouiller quelques créatures en route. Il faut garder le sens des priorités.

Retrouvez The Outer Worlds sur Nintendo Switch