Cris Tales, ou la recette du JRPG parfait
Dossier

Cris Tales,
ou la recette du
JRPG parfait

Crédit : Modus Games
Selim K.
Selim K.
Auteur Micromania-Zing

S’il nous vient du studio colombien Dreams Uncorporated, Cris Tales semble se poser comme le plus japonais des RPG. En soit, on y retrouve un grand mélange d’ingrédients piochés dans les productions nippones les plus classiques. Pour le plus grand plaisir de nos papilles.

Un lit de Chrono Trigger

Pour cette recette, il faut d’abord émincer ce qui représente le cœur de Chrono Trigger. La comparaison vient principalement de la mécanique qui définit le jeu : le temps. Cris Tales est un voyage temporel constant, sans doute encore plus que Chrono Trigger. La possibilité d'aller et venir entre le passé, le présent et le futur est présente à l'écran presque tout le temps, puisque la vue du jeu est divisée en trois en forme de V qui sépare les moments dans le temps. En explorant les villes et les régions tout au long de l'histoire de Cris Tales, le protagoniste Crisbell est en mesure d'observer la ligne temporelle passée, présente et future de chaque région en temps réel. Les joueurs utilisent cette connaissance des trois temps pour accomplir des quêtes et lever le mystère sur une catastrophe imminente.

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Crédit : Modus Games

Le temps fait partie intégrante de l'histoire, mais va même plus loin en étant directement intégré au gameplay aussi souvent que possible. Les quêtes et les énigmes requièrent souvent l'utilisation des trois lignes temporelles pour manipuler les événements chronologiques et éviter des issues indésirables. Même à un niveau plus modeste, les combats encouragent et requièrent le saut dans le temps, pour maximiser les dégâts et vaincre certains ennemis en visitant leurs versions passées ou futures et cibler leurs faiblesses.

Un dressage à la Octopath Traveler

À l’heure d’entamer son repas, on dit souvent que son aspect visuel peut décupler l’appétit comme complètement le tuer. Avec Cris Tales, on est plutôt du bon côté de l’idée, puisqu’il bénéficie d’inspirations tout droit sorties d’une pépite de ces dernières années. Un style artistique et une conception du monde similaires à la "HD-2D" d'Octopath Traveler ont largement influencé la direction artistique de Cris Tales, qui le reprend avec un ton beaucoup plus chaleureux et coloré. Et justement, c’est une des choses qui nous a le plus séduit dans le titre de Nintendo. On ne peut pas vous cacher notre plaisir à l’idée de retrouver la même patte graphique, déclinée sous une forme bien plus claire et joviale.

Une pincée de Zelda

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Crédit : Modus Games

Ici, on a souvent tendance à penser que Zelda est aux JRPG ce que le sel est à la gastronomie : un incontournable qui sublime tout ce qu’il touche. À condition de ne pas trop en abuser, au risque de tuer son plat ou, pour le jeu vidéo, de rendre une pâle copie destinée à floper. Du côté des équipes derrière Cris Tales, l’inspiration est subtile et se matérialise dans le ton global emprunté par le jeu, énormément teinté d’innocence. Certes, la violence de la société et de son monde en général est bien présente. Mais l’œuvre dans sa globalité transpire le charme et la fantaisie légère caractéristique de Zelda. Aussi bien dans ses différents décors que dans le développement des personnages présentés tout au long de l’œuvre, qui se veulent tout aussi apaisants qu’ils peuvent aborder des sujets sombres.

Une sauce piquante à la Bravely Default

C’est bien beau toutes ces notes assez douces, mais afin d’obtenir la saveur ultime, il convient d’y ajouter un peu d’épices. Dans le sens piquant du terme. Pour cela, Derek Neal, producteur exécutif de Cris Tales, a déclaré lui-même s’être inspiré des combats de Bravely Default : “Le système de combat de Bravely Default, avec sa capacité à stocker et à dépenser des tours supplémentaires, est très unique. Nous avons passé beaucoup de temps à discuter de la manière dont nous pourrions créer un système de combat aussi intuitif et amusant que celui de Bravely Default.”. Et le résultat est plutôt emballant.

On y retrouve des combats comme dans un JRPG 2D traditionnel, les joueurs choisissant les ennemis à attaquer, les membres du groupe à soutenir ou les objets à utiliser en sélectionnant l’option voulue. En appuyant sur un bouton au bon moment, les personnages peuvent soit effectuer un second coup, soit bloquer l'attaque d'un ennemi pour réduire les dégâts subis. Cela nécessite un timing précis, qui ajoute un peu de piment aux combats habituels uniquement basés sur les menus. Les ennemis peuvent venir des deux côtés de l'écran, ce qui donne à ces derniers un aspect plus dynamique. Et la petite touche Cris Tales : les pouvoirs de Crisbell (l’héroïne) entrent également en jeu, lui permettant d'envoyer ses ennemis dans le futur ou le passé pour les faire vieillir, chacun d’entre eux ayant trois stades d'évolution différents. Ce qui résume bien le titre dans sa globalité : s’inspirer des meilleurs chefs en y ajoutant sa touche perso. Un cocktail détonnant.

Bonus : Un zest de Disney

Alors, on s’écarte ici complètement des inspirations venues du Japon et de ses excellents RPG. Disney aussi apparaît dans Cris Tales, puisque son héroïne est le résultat d’une réflexion menée par les équipes de Dreams Uncorporated, qui ont déclaré s’être “demandés ce à quoi ressemblerait une princesse de Disney si elle était colombienne.”. Ce qui a donné Crisbell telle que vous allez la découvrir. Voilà, faites ce que vous voulez de cette information.

Cris Tales dans la boutique Micromania