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Assassin's Creed Syndicate

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Après le Paris de la révolution française, Assassin’s Creed propose de visiter le Londres de la révolution industrielle. Si seulement la passion de la série pour le changement ne se limitait pas aux contextes historiques.
Syndicate propose de visiter la capitale britannique de 1868 en compagnie de deux guides, les jumeaux Evie et Jacob Frye. Ces jeunes assassins, fatigués de l’attitude passive de leurs ainés, décident de libérer Londres du joug des Templiers. Oui, juste comme ça.

Dans l’ombre de Londres
Comme d’habitude, les artistes d’Ubisoft exposent une reconstitution historique assez saisissante. On peut admirer les monuments londoniens dans toute leur splendeur, voir les larges artères embouteillées de carrosses s’étendre à perte de vue, traverser la Tamise en sautant d’une barge à l’autre, se balader dans Whitechapel ou distinguer les hautes cheminées crachant leur fumée à l’horizon. Et évidemment, de nombreuses figures historiques croisent notre chemin : Alexander Graham Bell, Charles Darwin, Karl Marx, Charles Dickens ou encore Arthur Conan Doyle. Mais de cette période si riche en inventions, contestations sociales et succès diplomatiques, Syndicate montre une vision beaucoup plus terre à terre, dans la veine du film Gangs of New York.

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Un choix qui a néanmoins le mérite d’offrir une structure agréablement ouverte. Vous pouvez ainsi progresser sur plusieurs fronts simultanément. Les missions principales, soignées, consistent à faire tomber les têtes pensantes des Templiers. On peut aussi étendre son contrôle sur les quartiers de Londres en libérant des enfants esclaves, enlevant, éliminant ou combattant des chefs de gang. Enfin, vous pouvez aider des alliés à travers des enquêtes criminelles, des filatures, des chasses aux légendes urbaines, etc. L’inévitable "collectothon" répond présent avec des centaines de coffres, fleurs et autres illustrations à récupérer. Un aspect qui n’a rien de facultatif car améliorer les équipements de vos héros ou l’efficacité de votre gang requiert beaucoup d’argent.

Et tu tapes, tapes, tapes…
On retrouve aussi les trois piliers traditionnels du gameplay. Le parkour demeure similaire à celui de Unity, tout en gagnant un grappin à la Batman. Les puristes tiqueront peut-être, mais l’outil s’avère parfaitement adapté aux dimensions et la verticalité de Londres. L’infiltration gagne en précision, tant au niveau des cônes de vision des ennemis que de leur comportement. Seule les civils, toujours stoïques face aux pires exécutions, cassent un peu l’ambiance. Syndicate trébuche par contre méchamment sur ses combats. Même s’ils sont parfois amusants à regarder, les mécaniques s’avèrent ultra basiques, répétitives, dépourvus de tactique et surtout d’impact. Après Batman ou Mad Max, ça passe mal. Et le système de niveaux pose problème. Evie et Jacob gagnent des niveaux en débloquant des compétences (presque toutes identiques). Face à un adversaire égal ou inférieur, 4-5 coups suffisent. Face au même adversaire d’un niveau plus élevé (ou un boss), il faut plus d’une trentaine de coups au couteau pour le tomber. Cela frise le ridicule.

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Grosse fatigue
Et puis il y a la nouveauté de cet opus, les calèches, qui… ratent le coche. On se retrouve à décalquer les "innocents" que l’on doit protéger pour voler leur véhicule, avant de leur rouler dessus. Les chevaux indestructibles défoncent lampadaires, grilles et caisses avec un flegme très britannique. L’affichage peinent parfois à suivre la vitesse de déplacement. Et surtout, malgré une finition supérieure à Unity, les inévitables bugs "physiques" se cristallisent sur ces phases.
Cela dit, le vrai problème d’Assassin’s Creed est plus sérieux. Après des centaines de sauts de la foi, des milliers de coffres ouverts, des millions de murs escaladés, des gus trucidés en passant juste parce qu’ils m’identifient à vue, des hordes de templier radotant aux portes de la mort, l’envie n’y est plus. L’intrigue basique et les obscures cinématiques de l’époque moderne n’arrangent rien à ce constat. La lassitude prend irrémédiablement le dessus sur le plaisir.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.