Micromania

WET (PlayStation 3)

Tirer sur tout ce qui bouge, c’est défoulant. Sabrer tout ce qui dépasse, c’est amusant. Courir sur les murs et enchaîner les saltos, c’est la classe. Logiquement, faire les trois en même temps devrait être jouissif, non ?

Test

Infos sur le jeu

Note globale :
Genre : Action / aventure
Sortie : 18/9/2009
Multijoueurs : Non

Éditeur : BANDAI NAMCO PARTNERS
Développeur : A2M
Langues : Francais

Max Payne, Dead to Rights, Total Overdose, Stranglehold... WET tente de se faire une place sur le créneau peu encombré mais plutôt élitiste du "bullet time". Un domaine qui nécessite plus que de la bonne volonté et des courbes généreuses.

Rubi sur l’ongle

Artificial Mind+Movement tente de se démarquer de ses aînés en proposant une héroïne sexy nommée Rubi, aussi douée aux flingues qu’au sabre, et une ambiance hyper parodique. Au point d’ailleurs de verser dans l’intrigue clichée à base de revanche, notre tueuse à gages n’aimant guère se faire doubler par ses clients. Clairement, le directeur artistique de WET boit du Desperado, fume du Kill Bill et s’injecte du Matrix, quitte à provoquer une overdose chez les joueurs.

La multiplication des gimmicks, des cinématiques syncopées et des filtres visuels, originale dans un premier temps, devient de plus en plus pesante sur la durée. Il est évidemment tentant de désactiver ce qui peut l’être, mais l’inconsistance technique n’en devient que plus visible. Entre les roues anguleuses, la pauvreté des textures, l’aliasing outrancier et le manque d’interactivité des environnements, WET prend parfois des allures de série Z. Des limitations dont on s’accommoderait si le gameplay se montrait à la hauteur, hélas…

Attention, sol glissant

Ce n’est pas un hasard si tous les jeux du genre s’appliquent à désolidariser le tir de l’activation du bullet time. Cela permet d’ajuster la cible puis de tirer. Dans WET, on doit tirer constamment pour rester en mode ralenti. Du coup, il faut gérer la visée et la cadence de tir, soit en gros, espérer qu’une balle part au moment où l’on aligne l’adversaire en pleine course. Une mécanique déjà problématique lorsque les ennemis sont éloignés, mais carrément frustrante une fois couplée à la résistance délirante de ces Terminator capables d’encaisser un chargeur entier (là où quelques balles suffisent à embraser une voiture). Il faut dire que la localisation des dégâts, essentielle dans le genre, s’avère pour le moins limitée : la tête, le corps et basta ! Inutile d’espérer ralentir ces gus en leur trouant les jambes ou les désarmer en visant les bras. Ce ne sont pas non plus les combats au sabre, plombés par une caméra trop proche pour appréhender l’action, ni les quelques phases linéaires de plateformes gâchées par l’imprécision des commandes, qui relèvent le niveau. Quant aux QTE… un mot suffit : inutiles.

Du toc

Dommage car WET possédait quelques atouts à faire valoir : certains effets (lorsque Rubi voit rouge), ses musiques bien rythmées, ses acrobaties à débloquer et quelques phases originales dynamiques (poursuites sur autoroute, chute libre) à défaut d’être bien réalisées. Mais rien n’y fait, WET est incapable de tenir la comparaison avec le jouissif Stranglehold, pourtant sorti en 2007. Il n’y a plus qu’à attendre Max Payne 3…

Test réalisé par Frédéric Dufresne.


Note globale :

Intérêt :
Le style et l’ambiance de WET ne font illusion qu’un instant. Effets répétitifs et lassants, réalisation faiblarde, gameplay bancal… c’est jouable, mais tellement en deçà des canons du genre.

Réalisation :
Artistiquement, WET fait à la fois trop et pas assez. Trop d’éléments, hyper intrusifs mais pas assez de variétés. De plus, tous ces filtres n’arrivent pas à masquer le rendu graphique un peu juste et les bruitages basiques. Reste les musiques, très dynamiques, et les voix, plutôt réussies

Prise en main :
WET se prend facilement en main et on arrive rapidement à faire quelques enchaînements spectaculaires, mais en terme de mécaniques (ralenti, localisation caméra, QTE, etc.), le jeu passe à coté de ce qui fait un bon "bullet time shooter".

Durée de vie :
Une douzaine de niveaux pour une dizaine d’heures, plus quelques défis à refaire. Correct… si l’on a envie d’aller au bout.


Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 18 ans
- A ceux qui ne craignent de se jeter à l’eau pour une femme

Vous aimerez si vous avez aimé :
- Max Payne, le Père du genre
- John Woo presents Stranglehold.

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