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Tom Clancy's Splinter Cell Double Agent (Wii)

Athlète accompli dont on a pu maintes fois apprécier les performances physiques, Sam Fisher n’hésite pas à tenter un saut-écart sur la Wii. Mais même pour lui, l’exercice s’avère périlleux.

Test

Infos sur le jeu

Note globale :
Genre : Infiltration
Sortie : 15/12/2006
Multijoueurs : Oui, 2 joueurs
Internet : Non
Local : Non

Éditeur : UBISOFT
Développeur : Ubisoft
Langues : Francais

Si nous nous doutions que le fossé technique entre Wii et Xbox 360 aurait des répercussions notables, difficile cependant d’anticiper la différence qu’il y aurait entre les deux versions. Ubisoft aura-t-il su adapter la jouabilité de son titre phare au contrôleur de la nouvelle console de Nintendo ?

I’m bad, I’m bad

Pourtant, l’histoire se construit autour de la même intrigue. Sam, ayant récemment perdu sa fille, accepte de s’embarquer dans une mission suicide : infiltrer une organisation terroriste.

Incarcéré en tôle pour nouer des relations avec un membre de cette fameuse organisation, Sam devra ensuite s’évader avec lui et se faire accepter par le dangereux leader de la John’s Brow Army, Emile Dufraisne. Le plus difficile va bien sûr être de concilier les ordres contradictoires de la JBA et d’Echelon, afin de conserver la confiance de vos deux "employeurs".

R.A.S. (rien à signaler)

Alors que la version Xbox 360 joue la carte du renouveau avec de vastes niveaux ouverts en plein jour axés sur l’action, la mouture Wii, quasi copie conforme de la version PS2, se contente d’un gameplay classique. On évolue dans de petits niveaux nocturnes, étroits et linéaires, très souvent en intérieur, où l’infiltration demeure la mécanique principale. On passe toujours son temps à vérifier sa jauge de visibilité pour s’assurer que l’on est caché, à désactiver les lumières ou les caméras, et à s’approcher dans le dos des ennemis pour les décalquer. On trouve bien quelques nouveautés, comme l’entraide (couverture, courte échelle) avec un allier, mais cela demeure anecdotique et il y a peu de gadgets ou de mouvements inédits. Sans compter que le jeu à la Wiimote est loin d’être évident lorsqu’il s’agit d’éliminer rapidement un ennemi, que ce soit à mains nues ou à l’arme à feu. Les quelques mini-jeux exploitent les fonctions gyroscopiques de la manette ou le capteur infrarouge, mais l’ensemble manque cruellement de précision. L’autre élément essentiel de la version 360 réside dans l’implication émotionnelle.

Des choix moraux tortueux concernant des personnages auxquels on s’attache, des tonnes d’objectifs opportunistes qui affectent le délicat équilibre entre JBA et Echelon, la tension lorsque l’on s’introduit dans des zones interdites du QG terroriste pour trouver des infos…

R.A.B. (rien à battre)

Autant d’éléments qui se font castrer (oui, ça fait mal). Ici, on ne se retrouve pas à accepter (ou refuser) de flinguer un gars attaché qui vous implore, mais à envoyer ou non une info qui le fera tuer. C’est distant, impersonnel… et il en va de même pour les 3-4 grosses décisions morales que l’on doit prendre. Les objectifs opportunistes se résument principalement à de la collecte de données (pas de civils appelant à l’aide) et l’exploration du QG, à des missions d’infiltration classiques. Loin d’être un atout, cette approche superficielle aurait pu se contenter d’être un petit défaut, mais voilà, les développeurs ont voulu coller au scénario originel. Du coup, certains éléments arrivent comme un cheveux sur la soupe (ah, Sam était tombé amoureux ?), sans doute faute de conversations ou situations présentes sur la version next-gen (et non new-gen). Une dizaine d’heures et un sauvetage du monde libre américain plus tard (quoique), le verdict est sans appel. Double Agent n’est pas un mauvais épisode mais cette arrivée sur Wii ne séduit pas et démontre qu’il est des genres nécessitant encore un gros travail de réflexion pour être adaptés de façon convenable.

Test réalisé par Frédéric "pas Dufraisne" Dufresne et Frédéric Pam.


Note globale :

Intérêt :
L’alternance proie/chasseur est toujours jouissive, mais le manque de nouveautés et l’aspect Double Agent atrophié pèsent lourd.

Graphisme :
Le jeu est resté au niveau technique de la PS2, avec une gestion des lumières dépassée, et en terme de design, les textures sombres et délavées ne sont pas très sexy.

Animation :
Sam possède encore la souplesse d’un chat mais adopte parfois quelques postures bizarre.

Son :
Un aspect très soigné, avec des voix de qualité. L’environnement sonore est de bonne facture.

Jouabilité :
Pas de grosses nouveautés et un passage sur Wii raté. Il faut du temps pour apprivoiser les contrôles à la manette pour au final garder une efficacité moindre. On regrette la linéarité des niveaux. Un espace de jeu réduit est suffisant pour exécuter les différents mouvements à la manette.

Multijoueur :
On peut faire les missions en coop, ce qui est sympa. Mais le jeu en ligne a purement et simplement disparu.

Difficulté :
Ce n’est pas tant le jeu mais la prise en main des contrôles qui n’est pas aisée. Et même quand on s’habitue, Sam est nettement moins précis et redoutable à la Wiimote.

Durée de vie :
Comptez une dizaine d’heures pour terminer la campagne Solo. Le jeu en coopération allonge un tant soit peu la durée de vie du soft. Mais autant jouer à Double Agent sur une autre console…


Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 18 ans
- Aux joueurs débutants comme confirmés
- Aux fans d’infiltration

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