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Okami (PlayStation 2)

C’est quasiment avec une année de retard que débarque l’un des derniers titres du défunt studio Clover, ravivant la douleur de la perte d’un grand talent. Okami, ou lorsque le chant du cygne résonne comme une divine symphonie.

Test

Infos sur le jeu

Note globale :
Genre : Action / aventure
Sortie : 8/2/2007
Multijoueurs : Non
Internet : Non
Local : Non

Éditeur : ELECTRONIC ARTS
Développeur : Clover
Langues : Francais

Banni pendant près d’un siècle, un maléfique dragon revient hanter les provinces de Nippon. Ses hordes de démons ravagent le pays, corrompent la nature et transforment les habitants en statues de pierre. Les esprits aux pouvoirs déclinants ne peuvent lui résister et le seul espoir réside en Amaterasu, une louve, réincarnation de la déesse Soleil. Mais elle va d’abord devoir retrouver ses facultés d’antan…

Fais le beau

Okami est une fable écologique épique dont l’ampleur remémore inévitablement un certain Zelda, mais Clover fait preuve d’une créativité qui impose le respect, véritable ode à la culture japonaise. Une approche à double tranchant qui, dès les premières secondes, enchantera ou révulsera le joueur. Le graphisme s’apparente à une estampe en mouvement : couleurs pastel, filtre granuleux imitant le parchemin, décors stylisés, contours épais à l’encre de Chine en constant mouvement, explosions florales aux relents d’Ikebana (art d’arranger les bouquets)…

A moins d’être totalement réfractaire à ce résultat visuel, on tombe sous le charme d’un rendu qui transforme l’exploration de ce monde en plaisir constant. Guidé par Issun (une irrévérencieuse puce), on parcourt de vastes régions et de charmants petits villages peuplés d’habitants caricaturaux mais attachants, sur fond de mythologie nippone.

Le pinceau plus fort que l’épée

L’autre émanation culturelle japonaise concerne le gameplay, avec un hommage marqué à la calligraphie (Shodo), véritable originalité qui enrichit grandement le système de base du titre. Votre objectif initial sera de purifier la nature empoisonnée en faisant refleurir des cerisiers sacrés. Concrètement, l’action se divise en trois parties. D’abord les quêtes "pacifiques", qui impliquent la résolution de puzzle ou de mini-jeux, la visite de donjons et les services apportés aux habitants. Ensuite, les affrontements qui débuteront lorsque vous approcherez de démons ou de boss. Vous serez alors enfermé dans une bulle et devrez multiplier les enchaînements pour vaincre vos ennemis. Ces derniers ont des profils assez variés qui nécessitent un brin de technique pour en venir à bout. Enfin l’exploration avec une multitude d’objets à découvrir, d’arbres à soigner et d’animaux à nourrir. Vos succès rapporteront expérience (permettant d’améliorer vos caractéristiques) et argent (achat d’items, d’armes, de coups spéciaux, etc.).

Mais surtout, tous ces éléments sont liés par la fameuse calligraphie : vous pouvez à tout instant mettre le jeu en pause pour tracer à l’écran des pictogrammes avec votre pinceau, signes qui auront un effet direct sur l’environnement. Vous pourrez ainsi apprendre 13 caractères : trancher, reconstruire, faire pousser les plantes, faire apparaître le soleil ou la lune, matérialiser une bombe, tresser des lianes, manipuler l’eau, le vent, le feu… Une idée géniale, intelligemment et constamment exploitée.

Original, magnifique, drôle, épique, prenant… les superlatifs se bousculent au portillon, piétinant allégrement les rares défauts du titre. Il suffit juste de retenir qu’Okami est une aventure fabuleuse, un titre incontournable que tout possesseur de PS2 se doit d’inclure dans sa ludothèque.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.


Note globale :

Intérêt :
Okami est une réussite totale, une véritable "œuvre" ludique. Son parti pris artistique très original lui confère une identité unique, enchanteresse. Son gameplay particulièrement novateur est un modèle d’intelligence et d’ingéniosité. L’un des meilleurs titres de l’histoire du jeu vidéo.

Graphisme :
En y regardant de près, on réalise que le jeu est une réussite technique, mais c’est surtout le design artistique qui retient l’attention. Du grand art qui restera dans les mémoires.

Animation :
Les animations sont fluides, expressives, détaillées. On regrettera quelques ralentissements très ponctuels.

Son :
Les musiques sont somptueuses et magnifient l’action, sans avoir autant d’identité qu’un God of War. Les bruitages s’avèrent irréprochables. Le point le plus décevant du jeu tient aux sons se substituant aux voix des personnages, un peu stressants.

Jouabilité :
Une prise en main irréprochable, des mécaniques de gameplay originales, extrêmement riches et utilisées avec intelligence… La caméra, en de très rares occasions, ne sera pas bien cadrée mais pour le reste, c’est parfait.

Multijoueur : -
Pas de mode multijoueur.

Difficulté :
Rappelons que cette note ne juge pas le niveau de difficulté, mais la qualité de son implémentation. Okami brille une fois encore, avec une courbe de progression irréprochable, des combats de plus en plus techniques et des puzzles intelligemment amenés.

Durée de vie :
La quête est longue, avec de nombreux lieux à visiter, des actions variées à entreprendre, et en périphérie une multitude de secrets à découvrir.


Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 12 ans
- Aux amateurs d’aventures épiques, type Zelda
- Aux amoureux de la culture japonaise et de la poésie dans le jeu vidéo
- A ceux qui ont aimé le long métrage Princesse Mononoke

Vous aimerez si vous avez aimé :
- Psychonauts

- The Legend of Zelda : The Wind Waker

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