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Ninja Gaiden II (Xbox 360)

L’annonce du divorce entre Tomonobu Itagaki et la Team Ninja attriste tous les fans de baston (comme de bonnets D) mais le sulfureux développeur laisse derrière lui un incroyable cadeau d’adieu.

Test

Infos sur le jeu

Note globale :
Genre : Beat'em all
Sortie : 6/6/2008
Multijoueurs : Non
Internet : Non
Local : Non

Éditeur : MICROSOFT
Développeur : Team Ninja / Tecmo
Langues : Francais

On pourrait s’attarder sur la mystérieuse Elizébet qui s’amuse à libérer d’ancestraux démons, obligeant notre héros Ryu Hayabusa à faire le ménage derrière elle. Mais l’intrigue convenue et les cinématiques aussi caricaturales que celles de Devil May Cry 3 nous rappellent qu’il ne s’agit là que d’un prétexte pour enchaîner les combats.

Mon Coach Personnel de boucher charcutier

En bon hommage aux Chanbara japonais, Ninja Gaiden se montre d’une violence inouïe. Telle une tornade sanglante, on décapite, démembre, tranche, écrase, éclate, transperce, plante, brûle, éviscère, explose, déchiquette et retapisse les décors d’un rouge vif dégoulinant. Et même si l’on milite ardemment contre l’amalgame systématique du jeu vidéo avec la violence, il faut admettre que cette débauche de sauvagerie se révèle excessivement jouissive.

Lorsque la furie du combat retombe, voir Ryu, seul, debout au milieu d’une mare d’hémoglobine et de membres, délester le sang qui macule sa lame d’un geste sec, avant de la rengainer dans son fourreau, a quelque chose de quasi-orgasmique !

Parce que cela symbolise une puissance flatteuse pour notre petit ego de joueur. Parce que ces massacres sont perpétrés avec un esthétisme et une classe absolus. Et surtout, parce que l’on ressent le soulagement immense de celui qui a frôlé la mort (toute proportion virtuelle gardée).

Ce qui ne te tue pas…

Conformément à ses annonces, Itagaki a rendu cet épisode plus accessible, avec l’apparition d’un niveau de difficulté moindre (que les fans snoberont) et surtout une jauge de santé retravaillée. Globalement, disons que l’on regagne un peu de vie entre les batailles, ce qui évite d’arriver sur un affrontement en sachant qu’il se terminera dès qu’un ennemi nous éternuera dessus. Mais le jeu demeure particulièrement difficile. Ninja, chiens, démons, loups-garous et autres horreurs débarquent systématiquement en meute. Ils sont rapides, agiles, féroces, ils esquivent, parent, contre-attaquent, placent des prises, alternent le corps à corps et les attaques à distances… Pour s’en sortir, il faut faire preuve d’une réelle maîtrise : opter pour l’arme appropriée (Katana simple ou double, bâton, griffes, faux, arc, Kunaï explosif…), maîtriser les attaques chargées, les magies, la défense, les contres et bien sûr des combos affaiblissant l’adversaire. C’est là que le système de démembrement prend toute sa dimension.

Un ennemi amputé sera ralenti ou plus "prudent", ce qui laisse des ouvertures permettant de progressivement prendre l’avantage sur le groupe adverse. Mais s’il vous attrape, il placera une attaque (parfois suicidaire) très puissante.

Mister Magoo

Bref, chaque victoire s’arrache sur le fil du rasoir et la gloire s’avère proportionnelle au péril. Alors pourquoi "seulement" 16 ? Parce que parallèlement à l’immense plaisir qu’il procure, Ninja Gaiden II est aussi source de grosses frustrations. La première tient à la caméra toujours gérée de façon exécrable ce qui, sur un titre aussi exigeant, passe très mal. La seconde tient aux boss, dont on ne découvre les points faibles qu’au prix d’innombrables morts (et chargements longuets). N’empêche que tout fan de beat’em all qui se respecte passera outre ces failles pour se jeter avidement sur ce chef-d’œuvre du genre.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.


Note globale :

Intérêt :
Extrêmement exigeant, mais jouissif et incroyablement classieux, Ninja Gaiden II rejoint aisément le panthéon du beat’em all. Dommage que la difficulté, si savamment dosée, dérape sur les boss et l’ignoble caméra. Des joueurs se décourageront et des pads le paieront de leur vie.

Graphisme :
Les personnages sont magnifiques, mais les décors souvent froids, pauvres et très rarement interactifs. Heureusement, le gros travail sur les architectures et les perspectives compense largement la chose. On apprécie aussi les effets lors des combats.

Animation :
Les animations sont absolument excellentes, à la fois classieuses et excessives lors des furies. La fluidité est irréprochable, bien que l’on constate en de très rares occasions des ralentissements. Les chargements, un peu longs, interviennent parfois bizarrement en plein niveau.

Son :
Les musiques rythment parfaitement l’ambiance et les bruitages contribuent beaucoup à la "lecture" de l’action.

Jouabilité :
Que ce soit lors des combats, des phases d’acrobatie ou de nage, les commandes répondent à la perfection. Malheureusement, la caméra se montre incapable de suivre l’action et l’on doit se battre au jugé. Ajouté au problème des boss, cela plombe vraiment la jouabilité.

Multijoueur : -
On est seul et c’est aussi bien vu le chaos qui peut régner à l’écran.

Difficulté :
De façon générale, la difficulté, si elle est vraiment relevée, s’avère aussi extrêmement bien dosée. Cela dit, les problèmes de caméra compliquent parfois les choses de façon absurde, et l’apprentissage dans la douleur face aux boss risque d’en dégoûter plus d’un.

Durée de vie :
Au-delà des nombreuses morts qui vous obligeront à recommencer encore et encore, l’aventure possède une bonne durée de vie avec des niveaux nombreux et variés.


Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 18 ans. Vraiment !
- Aux fans de beat’em all qui aime les challenges ardus
- Aux amoureux des ninjas

Vous aimerez si vous avez aimé :
- Devil May Cry 4
- God of War II sur PS2.
- Ninja Gaiden Sigma sur PS3.

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