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Hotel Dusk Room 215 (DS)

Toujours prête à prouver sa polyvalence, la DS s’avère l’une des rares consoles à pouvoir se targuer d’héberger des jeux d’aventure classiques typiques du PC. Cela dit, l’éclectisme ne garantit pas forcément la qualité.

Test

Infos sur le jeu

Note globale :
Genre : Aventure
Sortie : 13/4/2007
Multijoueurs : Non
Internet : Non
Local : Non

Éditeur : NINTENDO
Développeur : Cing Inc.
Langues : Francais

Derrière Hotel Dusk se cache CING, le studio à l’origine du sympathique Another Code, une parenté d’autant plus flagrante que les mécaniques de jeu demeurent identiques. L’ambiance change par contre radicalement pour vous plonger dans un sombre polar.

Péchés du passé

Hanté par une sale affaire ayant mal tournée, Kyle Hyde s’est fait renvoyé de la police New-yorkaise. Depuis trois ans, sous couvert d’un boulot de VRP, il se charge de récupérer des "objets spéciaux" pour le compte d’un patron dont les clients tiennent visiblement à l’anonymat. Sa nouvelle affectation le mène dans un coin paumé, au discret hôtel Dusk, où des spectres du passé vont se manifester.

Une ancienne relation qui réapparaît, un jeune fille autiste portant un bracelet familier, un homonyme ayant pris une chambre quelques mois auparavant… Sans compter les petits secrets de résidents. Kyle se retrouvera confronter à ce qui sera sans doute l’enquête la plus difficile et la plus personnelle de sa carrière.

Take on meeeeeee

Comme dans Another Code, l’interface se distingue par son intuitivité. La DS se tient à la verticale, comme un livre, avec du coté de l’écran tactile une représentation aérienne 2D des lieux à travers lesquels on déplace son personnage au stylet, et sur l’autre écran un rendu 3D de l’environnement. Lorsque l’on se rapproche de certains éléments, les actions possibles s’illuminent : fouiller (on passe en vue subjective), ouvrir, utiliser un objet de l’inventaire et surtout, discuter. Les protagonistes apparaissent alors à l’écran sous une forme un peu particulière rappelant le vieux clip Take On Me de A-Ah. Le rendu à base de crayonnés s’anime par des superpositions de dessins et un mouvement constant des ombres. Si le noir et blanc ou le sépia demeurent les teintes dominantes, les couleurs apparaissent parfois, marquant un point important ou trahissant une émotion. Ce graphisme atypique confère une identité très forte au titre et le design réussi des personnages leur assure un réel charisme.

Polar pépère

Tant que l’on en est aux qualités, le scénario s’avère plutôt intéressant avec un bon sens du suspense, les dialogues brillent par leur écriture et les résidents de l’hôtel possèdent tous une épaisseur qui se fait rare dans le jeu vidéo. Malheureusement, le titre souffre d’un défaut majeur : son manque d’interactivité. L’exploration n’occupe en réalité qu’une place mineure, et les puzzles nécessitant l’emploi de vos cellules grises se font rares.

On passe en fait son temps à papoter, à naviguer dans les embranchements d’interminables conversations et, si certaines réponses mal avisées peuvent entraîner un Game Over, la plupart des choix aboutissent à un résultat identique linéaire.

Du coup, Hotel Dusk prend des allures de roman interactif, dans lequel on se contente de "tourner" les pages. Et là, c’est un véritable dilemme : certains trouveront la formule soporifique, d’autres se plongeront dans cet univers original, se laissant séduire par cette enquête intéressante malgré de véritables problèmes de rythme. Faîtes votre choix en connaissance de cause.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.


Note globale :

Intérêt :
Hotel Dusk se pose plus comme un roman que comme un véritable jeu d’aventure. S’il aligne une réalisation et une écriture de hautes volées, sa linéarité, son manque d’interactivité ou ses défauts de rythme rebuteront de nombreux joueurs. Plus profond qu’un Phoenix Wright, mais aussi moins fun.

Graphisme :
Le graphisme 3D des environnements s’avère assez réussi, mais on retient surtout l’excellent rendu des personnages et leur design qui assurent l’identité et l’ambiance du titre.

Animation :
C’est fluide lors des déplacements dans l’hôtel. Le style d’animation des personnages n’implique aucune performance technique mais le résultat est bon, même si certaines expressions tournent en boucle.

Son :
Les petites musiques jazzy collent parfaitement à l’ambiance et bénéficient d’une bonne orchestration mais elles sont ultra répétitives. On regrette l’absence de voix mais la cartouche a ses limites.

Jouabilité :
La prise en main est intuitive, rien à redire, avec quelques idées amusantes, mais l’interactivité, pendant 90% du jeu, consiste à faire défiler des dialogues.

Multijoueur : -
Vous seul menez l’enquête.

Difficulté :
Les rares énigmes sont logiques, mais hormis en de très rares occasions, il n’y a aucune menace, aucun risque, aucune difficulté juste une succession de dialogues.

Durée de vie :
Comptez une dizaine d’heures pour finir la dizaine de chapitres.


Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 12 ans
- Aux amateurs de polar noir
- A ceux qui aiment de longs, très longs, extrêmement longs dialogues

Vous aimerez si vous avez aimé :
- Another Code
- Phoenix Wright Ace Attorney

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