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DQ Swords : La Reine Masquée et la Tour des Miroirs (Wii)

Il est des choses qui s’imposent d’elles-mêmes. Depuis l’apparition de la Wiimote, le fantasme du combat à l’épée hante nos esprits. Square Enix tente sa chance, mais la chose s’avère plus facile à dire qu’à faire.

Test

Infos sur le jeu

Note globale :
Genre : Jeu de rôle
Sortie : 9/5/2008
Multijoueurs : Non
Internet : Non
Local : Non

Éditeur : UBISOFT
Développeur : SQUARE ENIX
Langues : Francais

Deux mondes s’entrechoquent dans Dragon Quest Swords. D’un coté le jeu de rôle phare de (Square) Enix, de l’autre le concept du shoot sur rail à la Virtua Cop ou Time Crisis. Si le mélange est audacieux, la réalisation manque singulièrement d’ambition.

Visite guidée

Le scénario introduit quatre héros, dont votre avatar d’une muette transparence, tentant de déjouer le retour d’un grand méchant. Divisée en dix chapitres (et environ autant d’heures), l’aventure s’organise autour d’un rituel immuable. D’abord un séjour dans la capitale d’Avalonia, durant lequel vous faites vos emplettes (armes, armures, potions…) en vous baladant librement et découvrez l’intrigue cousue de fil blanc.

Ensuite l’exploration sur rails d’un donjon (assisté d’un compagnon vous aidant ponctuellement de ses sorts) qui se solde par un combat contre un gros boss. Dès les premières minutes cette vision étriquée d’un univers pourtant familier déçoit.

Déjà périmé

Si l’on retrouve avec plaisir le design de Toriyama, enrichi des partitions enchanteresses de Matsumae, la réalisation laisse dubitatif. Plombé par l’aliasing, la pauvreté des graphismes et une animation minimaliste, Swords rivalise difficilement avec Dragon Quest 8, développé en… 2004. Malgré la petite taille de la cité, on bute sur un écran de chargement tous les vingt mètres. Dans les donjons, on alterne entre des environnements variés mais d’une pathétique pauvreté et des décors décents (comme la tour) mais hyper répétitifs. Pire, le traitement de la vue subjective renvoie à la préhistoire du FPS car si l’on excepte un léger recul lorsque l’on encaisse une charge, il n’y aucun sens du corps : la caméra flotte sur le sol, on ne voit jamais ses mains ni ses pieds, ou même son arme, tout juste le bouclier qui sert à parer les attaques, suspendu dans les airs …

Un bon fond

Ce n’est d’ailleurs pas l’implémentation de l’épée qui sauvera l’immersion. Obligé de maintenir la Wiimote à l’horizontale et limité à quatre mouvements (horizontal, vertical, diagonal et vers l’avant), on a plus l’impression de pratiquer l’extrême onction sur sa télé que d’enchaîner les bottes à l’estramaçon. Seules les attaques spéciales, nécessitant une petite manipulation, simulent une frappe. Pourtant, ce sont bel et bien ses combats qui sauvent le jeu. Les différents adversaires rencontrés possèdent tous leurs tactiques spécifiques : les plus petits attaquent en nombre et dans des formations variées, d’autres vous balancent des projectiles que l’on doit parfois renvoyer, certains chargent sur un point précis (indiqué ou pas) que l’on doit protéger avec le bouclier… Il faut découvrir la bonne tactique à employer, l’ouverture permettant de passer une défense, positionner l’axe de frappe au bon endroit (en pointant).

Lorsque différents types d’adversaires se cumulent ou que l’on affronte un boss, l’exercice devient périlleux et plutôt prenant. Malheureusement, le manque de précision de la Wiimote et les schémas vite répétitifs limitent le potentiel du concept.

Etriqué, court et linéaire alors que Dragon Quest se caractérise d’habitude par l’exploration de vastes univers ; plutôt moche alors que les productions Square Enix se distinguent souvent par leur visuel ; doté d’un concept amusant mais limité et finalement bien éloigné des sensations d’épéiste promises : l’original Swords ne reste qu’un coup d’épée dans l’eau.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.


Note globale :

Intérêt :
Time Crisis à l’épée dans l’univers de Dragon Quest. Tout un programme ! Pourtant, entre une immersion peu convaincante, un univers étroit et une aventure sans surprise, le gameplay sympathique mais un peu bancal tient à peine le jeu sur ses épaules.

Graphisme :
"Tiens, tu joues à Eye of the Beholder ?" Je tairai son nom, mais mon collègue résume bien la chose. Les environnements de Swords oscille entre le bof et le beurk. Les personnages se tiennent grâce au design mais la réalisation ne leur rend pas particulièrement justice.

Animation :
Pas de ralentissements, encore heureux. Les animations des personnages comme des ennemis sont vraiment basiques et souvent très raides. La gestion de la vue subjective est nulle.

Son :
Comme souvent avec DQ, les partitions musicales sont enchanteresses. Les bruitages sont corrects et les voix anglaises plutôt bonnes (l’horrible accent français de Fleurette !) malgré des dialogues plats (surtout les interventions débiles en combat).

Jouabilité :
Même s’il est loin de restituer des sensations de combat à l’épée, Swords offre des mécaniques de gameplay amusantes, nécessitant un peu d’analyse et beaucoup de réflexes. Dommage que la Wiimote et la variété fassent défaut. L’aspect rôle s’avère trop limité.

Multijoueur : -
Encore une déception. Tous les shoots sur rail accueillent deux joueurs et dans Swords on part toujours à l’aventure avec un compagnon, mais il faudra jouer seul.

Difficulté :
Relativement progressive et plutôt bien réglée si l’on prend le temps de faire le plein de potions. Cependant, les duels avec les boss sont parfois un peu difficiles et surtout, mourir implique de recommencer l’intégralité d’un donjon, ce qui s’avère fastidieux.

Durée de vie :
Comptez une dizaine d’heures pour voir le bout de l’aventure. Pour un titre qui lorgne vers les jeux de rôle et le "dungeon crawling" c’est ridicule (surtout un DQ). Pour un jeu de tir, c’est assez bien. Swords est entre les deux…


Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 12 ans
- Plutôt à ceux qui ne sont pas habitués aux Dragon Quest
- A ceux qui recherchent plus un jeu d’action qu’un jeu de rôle

Vous aimerez si vous avez aimé :
- Rien de vraiment comparable

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