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Dante's Inferno (Xbox 360)

Après avoir signé le meilleur survival horror de cette génération avec Dead Space et l’un des meilleurs shooter sur rail de la Wii avec Dead Space Extraction, Visceral Games s’attaque au beat’em all. Le génie serait-il tout-terrain ?

Test

Infos sur le jeu

Note globale :
Genre : Combat
Sortie : 4/2/2010
Multijoueurs : Non

Éditeur : ELECTRONIC ARTS
Développeur : Visceral Games
Langues : Francais

Les jeux vidéo puisent régulièrement dans la littérature, mais rare sont les titres de baston revendiquant un lien avec une œuvre classique. C’est pourtant le cas de Dante’s Inferno qui s’inspire librement du triptyque de la Divine Comédie écrit par Dante Alighieri, et plus particulièrement de l’Enfer paru en 1314. L’auteur y visite les neuf cercles de l’enfer, guidé par Virgile, et y multiplie les rencontres. Le jeu suit globalement cette trame, transformant Dante en un croisé déchu qui défit la mort pour retrouver celle qu’il aime, Béatrice.

Un air de famille

Mais en réalité, l’inspiration la plus flagrante de Dante’s Inferno demeure le mythique God of War . Les deux titres partagent un système de combat extrêmement proche dans les armes (faux extensible, croix qui tire des "flèches de lumière"), les combos, les contres, les mises à mort, les esquives ou les pouvoirs magiques. On y retrouve aussi des phases de plateforme et de puzzles quasi-identiques, qu’il s’agisse de crapahuter sur des murs et des filins, manœuvrer des rouages ou pousser des caisses. La mise en scène est excessivement familière, jouant avec les ralentis, les zooms, les mouvements de la caméra fixe, les plongées vertigineuses et les boss démesurés.

Judge Dante

Du coup, les combats sont défoulant, les adversaires nécessitent des approches variées, l’alternance d’acrobaties et de petits casse-têtes contribuent à varier les plaisirs, bref, la formule est efficace. Mais Visceral plagie tellement littéralement God of War (qui lui avait su transcender Rygar), que l’on ne peut se débarrasser du sentiment de déjà-vu, déjà-fait qui renforce une répétitivité déjà exacerbée par le manque d’armes supplémentaires. C’est clairement pour sortir de l’ombre de Kratos que le jeu recourt à l’œuvre de Dante, or le résultat s’avère mitigé. D’un coté, on apprécie de pouvoir punir ou absoudre les âmes d’ennemis et de figures historiques. Il ne s’agit pas tant d’une question morale que d’un choix tactique. Absoudre ouvre un arbre de compétence consacré à l’amélioration des attaques à distance de votre croix, tandis que la punition permet de débloquer de multiples combos à la faux. On peut aussi utiliser 2-3 reliques (parmi une vaste sélection) conférant des bonus spécifiques.

On ne peut pas plaire à tout le monde

De l’autre coté, il y a le design, cohérent et réussi dans son genre, mais extrême dans sa représentation. Tout est dérangeant, répugnant, violent, saignant, suintant, palpitant, morbide, torturé, avec un symbolisme fort à défaut d’être subtil. Une vision cauchemardesque que certains rejetteront en bloc. Et même ceux qui s’en accommodent ou accrochent se heurteront au manque de variété et à l’atmosphère uniforme. Malgré des architectures distinctes pour chaque cercle, les palettes de couleurs, musiques et râles désespérés des âmes en souffrance demeurent quasiment identiques pendant toute l’aventure. Enfin, pour ne rien arranger, Dante’s Inferno sort entre le marteau et l’enclume, entre un Bayonetta au pinacle des mécaniques de combat comme du délire visuel et un God of War III qui, s’il doit encore faire ses preuves, monopolise l’attention de nombreux fans de beat’em all. Eh oui, l’enfer, c’est aussi les autres…

Test réalisé par Frédéric Dufresne.


Note globale :

Intérêt :
Malgré son héros moins charismatique que Kratos et son univers un peu particulier, Dante’s Inferno n’en demeure pas moins un clone efficace de God of War capable de satisfaire les fans du chauve énervé. Reste que la formule a vieilli, surtout depuis l’ouragan Bayonetta.

Réalisation :
Le jeu est globalement réussi sur le plan technique, même si certaines textures organiques sont moches de près. Musiques et bruitages sont de qualité, bien qu’un peu redondants. Reste l’approche artistique, souvent dérangeante, qui va rebuter plus d’un joueur.

Prise en main :
Si vous avez joué à GoW, vous savez déjà jouer à DI. La prise en main est donc quasi-immédiate, avec des mécaniques éprouvées et bien exploitées. Néanmoins, on reste un cran en dessous de la richesse du système de combat de Bayonetta ou de la technicité de Ninja Gaiden.

Durée de vie :
Comptez 7 heures, sans franchement de raisons de revenir sur l’aventure, du moins d’ici la sortie du DLC Trials of St. Lucia qui introduira un mode coopératif.


Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 18 ans, sérieusement
- A ceux intéressés par une visite des Enfers
- Surtout pas aux dépressifs

Vous aimerez si vous avez aimé :
- God of War II sur PS2.

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