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Bayonetta (Xbox 360)

En 2001, le flamboyant Devil May Cry d’Hideki Kamiya ravivait la flamme d’un genre moribond. Bayonetta, sa nouvelle création, peut-elle se faire une place parmi les héros modernes du beat’em all ?

Test

Infos sur le jeu

Note globale :
Genre : Combat
Sortie : 8/1/2010
Multijoueurs : Non
Internet : Oui

Éditeur : SEGA
Développeur : Platinum Games
Langues : Francais

Dante, Neo, Ryu, Kazuma, Kratos… des héros poseurs suintant la testostérone qui se prennent aux sérieux en toutes circonstances, même les plus rocambolesques. C’est à cette caricature traditionnelle, dont il est en partie responsable, qu’Hideki Kamiya s’attaque avec Bayonetta.

Ma sorcière bien aimée

L’héroïne éponyme est une sorcière amnésique qui prend un certain plaisir à martyriser les anges et autres envoyés célestes. Pendant féminin de Dante, elle multiplie les poses lascives et les répliques bidons tandis que la caméra s’attarde indécemment sur ses rondeurs sous les angles les plus libidineux.

Mais ce qui pue le machisme ridicule chez les autres beat’em all, exhale ici un doux parfum de second degré. Le jeu brise le tabou du sérieux et pousse tout à l’extrême parodique : les personnages plus risibles les uns que les autres, les dialogues bourrés de clichés, les ennemis délirants dans leur apparence pervertie ou leur taille titanesque et les invocations hallucinantes que l’on déclenche lors des combats.

Quelques mégatonnes de brutes dans un monde de finesse

Car malgré son délire grand-guignolesque, Bayonetta est avant tout un beat’em all et le développeur Platinum s’est fendu d’un système de combat tout simplement parfait. Il s’articule autour de trois éléments. Primo, les combos, avec un nombre incroyable d’enchaînements qui varie selon les armes - ramassées ou achetées- que l’on emploie, et il y en a un paquet (flingues, fusil à pompe, épée, fouet, bazooka, lance, masse…). Malgré un départ confus, le débutant trouve rapidement du plaisir en sortant des coups spectaculaires alors que le pro se fait un devoir de placer les frappes les plus efficaces selon les types d’adversaires pour booster son score. Secundo : le système d’esquive qui, parfaitement exécutée, déclenche le Witch Time. Les ennemis sont alors temporairement ralentis, vous laissant le loisir de les défoncer. Combos et esquives alimentent votre jauge de magie et vous ouvrent les portes du troisième élément : les exécutions. Ces finish dévastateurs donnent lieu à des invocations aussi gores qu’hilarantes : vierge de fer, chevalet de torture, chute de pierre tombale, roue dentée, guillotine… et face aux boss les plus gros, ce sont carrément des chiens, oiseau de proie ou mains géantes qui se manifestent. On en prend plein les yeux.

What’s next ?

Et le studio de développement ne s’arrête pas en si bon chemin, s’attaquant de front au problème fondamental de tous les beat’em up : la répétitivité. Outre la variété des environnements et des ennemis, Bayonetta bénéficie d’une surprenante richesse. Ca part dans tous les sens : minijeu de tir, magasin pour faire des emplettes (armes, combos, accessoires), recettes d’alchimie, phases de poursuite à motos, transformation en félin ou en corbeau, petits puzzles temporels, combats sur les murs ou au plafond, faisceaux laser. Chaque niveau recèle une surprise, un élément de gameplay inédit, parfois moyennement réalisé, mais qui apporte une incroyable diversité. Les plus grincheux se plaindront des cinématiques longuettes (heureusement facultatives) ou des QTE tellement rares et impromptus qu’ils entraînent généralement un Game Over (mais le dernier checkpoint n’est jamais loin). Des broutilles balayées par un ouragan d’humour, de plaisir et de beauté. Les rois sont morts, vive la reine !

Test réalisé par Frédéric Dufresne.


Note globale :

Intérêt :
Faisons simple : Bayonetta est le meilleur beat’em up actuellement disponible. Drôle, beau, technique, délirant, riche, le jeu dépoussière avec classe et humour un genre qui s’encroûtait dans ses clichés.

Réalisation :
Même si certains choix de design sont discutables et qu’il y a d’autres jeux techniquement plus impressionnants, Bayonetta en met plein la vue grâce à une mise en scène explosive. L’animation est d’une fluidité irréprochable et l’environnement sonore excellent.

Prise en main :
La belle sait faire le grand écart pour séduire à la fois les novices et les vétérans. Tout est précis, élégant, l’effort est récompensé mais l’échec jamais puni. Certains petits passages ne sont pas forcément au top, mais demeurent toujours parfaitement jouables.

Durée de vie :
Comptez 12 à 14 heures pour voir le bout du jeu, sans forcément en connaître tous les secrets. Comparé aux 7-8 heures d’un God of War, c’est honorable.


Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 18 ans
- Aux amateurs de beat’em all

Vous aimerez si vous avez aimé :
- Ninja Gaiden II
- God of War II sur PS2.
- Ninja Blade

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