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The Last of Us

The Last of Us

A chacun son apocalypse. Zombies, radiation nucléaire, catastrophe naturelle… Naughty Dog opte pour l’infection fongique, un champignon qui contamine les humains et les transforme en monstres voraces.
Regroupés dans des zones de quarantaine tenues d’une main de fer par les militaires, les rares survivants mènent une vie misérable. Le ressort scénaristique qui amène Joël à escorter la jeune Ellie hors de leur enclave pour traverser le pays n’a rien de bien original. Et cela importe peu car The Last of Us se distingue avant tout par son incroyable qualité d’écriture.

Par procuration

Joël, rescapé vieillissant de la catastrophe et survivant impitoyable. Ellie, née dans cet enfer, qui découvre pour la première fois l’extérieur. Tous deux sont attachants à leur façon mais entretiennent une relation conflictuelle, qui va évoluer au cours de leur long périple, au gré des amis rencontrés, des infectés et des "chasseurs" humains affrontés, des expériences vécues. Difficile de s’étendre sans gâcher le plaisir, mais sachez que rarement un jeu vidéo aura montré autant de sensibilité, de justesse dans la description de ses personnages (principaux ou secondaires) et de leurs sentiments. Peut-être parce qu’il y a un sens du détail impressionnant. Ellie ramassant un jouet pour un ami qui vient de se faire disputer, Joël effleurant inconsciemment sa montre lors de certaines conversations… on peut louper ces petites choses mais elles sont là, elles contribuent à l’empathie que l’on éprouve pour les protagonistes, elles confèrent à l’aventure une ambiance incroyable. Et il est donc malheureux que le gameplay vienne parfois jouer les trouble-fêtes.Va y avoir du spore

The Last of Us est avant tout un jeu de survie. On y passe beaucoup de temps à fouiller les vastes zones traversées à la recherche de rares ressources. Certaines permettent de renforcer les aptitudes de Joël ou d’améliorer les armes mais la plupart sert à fabriquer des consommables. La bonne idée du système est de rendre certains ingrédients communs à plusieurs objets. Fabriquez-vous un cocktail Molotov ou un kit de soin ? Une mine ou un surin ? Plus crucial encore : préparez-vous vos équipements à l’avance ou attendez-vous d’être confronté à un problème, sachant que le jeu ne se met pas en pause lors de leur fabrication ? Cette dimension tactique fait de l’aspect survie une franche réussite. Les affrontements à l’arme à feu ou au corps à corps sont quasi-identiques à ce que l’on trouve dans la série Uncharted. Néanmoins, ils constituent ici un dernier recours où l’on grille ses rares cartouches face à tous les ennemis du coin rameutés par le boucan. En réalité, l’infiltration prédomine largement. Bien sûr, on peut se faufiler discrètement, neutraliser silencieusement les ennemis, lancer des briques pour détourner l’attention et tendre l’oreille afin de localiser les ennemis autour de soi (du moins, ceux qui font du bruit). Mais cela s’arrête là. Pas moyen d’assommer un gars lorsqu’il passe le seuil d’une pièce ou devant une fenêtre. L’intelligence artificielle réagit aux corps inertes… ou pas, selon son humeur. Et surtout, malgré les efforts des développeurs, Ellie se retrouve ponctuellement à passer sous le nez des chasseurs qui l’ignorent royalement et d’autres personnages vont tranquillement courir au milieu d’Infectés qui, malgré leur cécité, s’énervent au moindre bruit. Autant dire que cela casse un peu l’ambiance.

Vivre ou survivre

Pourtant, on passe outre. Parce qu’il s’agit d’une aventure grandiose. Parce que pendant près de 18 heures (en mode difficile), on arpente des environnements magnifiques et variés. Parce que ce monde fascinant évite tout manichéisme. Parce que l’on y vit des situations intenses, stressantes, touchantes, mémorables. Parce que le rythme est parfaitement maitrisé. Parce que l’on s’attache aux personnages et que, jusqu’à la toute fin, Naughty Dog réussit à nous surprendre. Parce que même s’il ne possède pas la dimension philosophique d’un Bioshock Infinite ou les décisions crève-cœurs de The Walking Dead, The Last of Us offre une expérience émotionnelle unique qui en fait un véritable chef-d’œuvre. A tel point que le multijoueur, malgré son rythme posé atypique (forcément, quand le moindre bruit vous trahit…) et l’amusante nécessité de récolter des ressources pour alimenter une communauté virtuelle, semble superflu.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux survivants de plus de 18 ans.
- Aux amateurs d’univers post-apocalyptique.
- À ceux qui veulent vivre une expérience riche en émotion.

Vous aimerez si vous avez aimé :
- The Walking Dead, dans l’esprit très proche.
- Bioshock Infinite