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Tenchu Fatal Shadows

Tenchu Fatal Shadows

Tenchu est une série très attachante qui n'a malheureusement jamais vraiment connu la gloire, à cause d'une réalisation un peu trop approximative. Avec ce nouveau volet, c'est l'espoir qui renaît.
Trois épisodes durant, Tenchu mit en scène, dans le japon médiéval, deux puissants ninjas, Ayame et Rikimaru. Au terme de leurs exploits, ce dernier périt écrasé sous une chute de pierre. Alors qu'elle reprend du service, Ayame tombe sur un village dévasté, encore fumant et chaud. Surgissant de nulle part, Rin, une villageoise sortant à peine de sa formation de ninja, découvre avec horreur le massacre, et associe l'étrangère aux bourreaux. D'un quiproquo débute une double lutte entre les personnages que vous incarnez, que vous devez mener de front dans la plus grande discrétion, et avec application.

Dans le respect de la tradition

Le principe du jeu n'a pas changé. Il faut remplir, pour chacun des chapitres, un objectif précis, meurtrier ou géographique, en choisissant au préalable différents accessoires ou objets comme des bombes ou des potions de vie. En vue à la 3e personne, on croise différents ennemis qui peuvent être supprimés ou pas, discrètement ou non, et un indicateur permet de savoir si l'on s'est fait repérer. L'outil s'avère utile car l'intelligence artificielle est plus performante qu'avant, les gardes sifflent d'abord le ralliement, puis courent et dégainent les armes adéquates.
La mission terminée, un débriefing permet d'analyser sa performance suivant différents critères. On comprend tout de suite que l'infiltration et le beau geste sont privilégiés, ils ouvrent en effet la porte à de nombreux bonus, parfois très utiles, comme un costume ennemi par exemple pour passer inaperçu.
Des points forts encore plus forts

L'atout majeur de Tenchu est la qualité de son univers ninja, mélangeant paradoxalement silence et violence, dans une ambiance médiévale japonaise particulièrement soignée. Ce nouvel épisode ne déroge pas à la règle, bien au contraire. La liberté d'action et de choix est plus importante, on peut emprunter de multiples chemins pour remplir son objectif. Graphiquement, les personnages et les décors ont une identité plus marquée, les boss par exemple, si ils ne sont pas du niveau de Metal Gear Solid, ont quand même un vrai charisme. Ayame a vieilli, elle est plus mature, dans ses traits, ses vêtements, ce qui est d'autant plus flagrant que l'on alterne avec la très jeune, fougueuse et immature Rin. On se laisse donc entraîner sans résistance dans cette histoire dramatique. La mise en scène a elle aussi été remaniée. Les coups spéciaux "morts furtives" sont accompagnés de cinématiques particulièrement explicites, que l'on peut passer, mais que l'on regarde plein d'émotion et de fierté, en récompense d'une stratégie laborieuse qui porte enfin ses fruits. Les chapitres s'enchaînent à la manière d'un feuilleton, avec des vidéos annonçant l'épisode à venir, puis un générique récurrent dont la voix off commente le contenu du scénario à venir. A mi-chemin entre la caricature et l'hommage, on sent l'admiration et la distance des développeurs pour le genre, à la façon de Tarantino dans Kill Bill.

Des points faibles encore trop faibles

Malgré l'expérience des années, il est décevant de retrouver des problèmes déjà présent dans le 1er épisode, comme Lara Croft qui s'entête à passer ses bras dans les mûrs lorsqu'elle se retourne. Ici, c'est l'effet de crénelage de certains contours qui perdure, tout comme les soucis de gestion de caméra. Le jeu impose au joueur, pour être performant, d'être précis, rapide et efficace, et cela malgré une forte pression entretenue par le manque d'information sur le nombre d'ennemis, par exemple, ou l'incapacité de sauvegarder en cours de chapitre.
Malheureusement il n'est pas rare, lorsque l'on est en planque dans un recoin que l'on a atteint au prix de durs efforts, d'être incapable de bouger correctement la caméra, et de se faire repérer alors que l'on s'acharne à trouver un angle potable de vision.
On a déjà éteint une console pour moins que ça. Cette jouabilité sacrifiée ne doit pas vous priver du jeu, même c'est elle qui l'empêche d'atteindre les sommets.

Test réalisé par Mathias Lavorel

Avis de la rédaction

A qui s'adresse ce jeu ?
- Aux fans de l'infiltration old school qui ont la cruauté froide et légendaire des ninjas.
- A ceux qui acceptent de rester en planque jusqu'à comprendre la ronde de gardes
- Aux fans de la série, surtout ceux qui ont été déçu par le précédent.


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