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Sybéria II

Sybéria II

Le portage de Syberia 2 sur PS2 fait souffler un vent frais et rafraîchissant. L’occasion est trop belle de lâcher les flingues pour le grand nord et ses mammouths disparus. Chiche !
Syberia premier du nom nous abandonne dramatiquement en 2002, dans un train lancé à toute vapeur, au beau milieu de la Russie. Kate Walker décide d’abandonner sa vie d’avocate américaine pour accompagner un vieux fou, Hans Voralberg, inventeur génial d’automates, dans sa tentative de retrouver une île légendaire. Le train qui les emmène fait une étape de ravitaillement dans le dernier village civilisé avant les steppes sauvages et enneigées : c’est là que tout continue avec Syberia II.

Un tout, en deux parties

Le scénario reprend la suite du premier épisode, et finit de nous dévoiler les mystères des mammouths autant que le revirement de notre héroïne. Pour les retardataires qui n’auraient pas joué au premier volet, une très belle cinématique est disponible en guise de résumé. L’histoire, dans son intégralité, est une sorte de fable humaniste qui nous interroge sur ce que
sont nos racines, sur les valeurs actuelles et perdues qui régissent notre monde. Si le thème a déjà été maintes fois exploité, la profondeur des personnages donne de la crédibilité à l’ensemble, et, comme Kate Walker, on finirait même par s’acheter des boots et des moufles pour partir à la recherche de l’île Syberia.
Dans la plus pure tradition

Vous incarnez un personnage qui passe de tableau en tableau, interagissant avec des objets ou des personnes qui lui permettent de débloquer des énigmes, pour faire avancer l’histoire. Les décors sont fixes et bénéficient d’un travail particulièrement soigné, avec le souci du détail et de la précision. C’est un réel plaisir que de s’attarder à observer les environnements, autant que les mécanismes, les objets ou les protagonistes. Mais attention, car la beauté est traître. Si les habitués du style ne s’y laisseront pas prendre, parfois, certains éléments clés des puzzles se révèlent être de toutes petites parties du décor, et quelqu’un d’inattentif passera à côté. Pour éviter d’avoir l’impression que tout est figé, de petites animations, telles des flocons de neige, le passage furtif d’un écureuil, ou l’envol d’un oiseau, agrémentent chaque scène.

Tu cliques et ça joue

Le gameplay du jeu est classique, il reprend les bonnes vieilles recettes du genre. Le système repose sur le principe du "click and play" : toutes les actions sont effectuées à l'aide d’un curseur dont la forme change en fonction des interactions, possibles ou non, avec l’environnement. L’interface est exactement la même que sur le premier épisode, on contrôle d’un côté, les déplacements du personnage, et de l’autre le curseur. Evidemment, ce système conçu pour une utilisation souris/clavier se révèle un peu poussif avec la manette, principalement dans les déplacements du curseur. L’inventaire permet de prendre les objets et les documents, de les observer, mais toute combinaison est impossible. L’assemblable de pièces nécessite obligatoirement une interaction avec le décor.
Le placement de la caméra est fixe et non modifiable, et il arrive que certains mouvements saccadent lors de l’exploration des lieux. Parfois, d’un tableau sur l’autre, on passe d’une vue de dos, à une vue de face créant des allers-retours involontaires et pénibles. Mais tout ceci reste anecdotique en regard de la richesse de l’univers proposé.
Une philosophie de jeu

Syberia 2 appartient à une famille de jeu qui n’est pas vraiment courante sur console, et qui nécessite un état d’esprit et un rythme très particulier. Il faut prendre le temps de scruter chaque tableau, pousser les conversations au maximum afin d’engranger le plus possible d’informations pour, paradoxalement, être efficace et rapide. La lenteur paie, elle évite les allers-retours fastidieux, les oublis malheureux qui pourraient décourager le tout venant. Loin de Myst, les énigmes sont simples et logiques. Contrairement aux apparences, cette aventure n’a rien pour refroidir les plus frileux d’entre vous, elle mérite largement que l’on s’y intéresse.

Test réalisé par Mathias Lavorel

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux amoureux des jeux d’aventure au scénario bien ficelé et aux énigmes dont la principale dominante est la logique.
- A ceux qui voudrait déplacer une cible sans que ce soit celle d’une arme.
- Aux joueurs qui recherchent le repos des mains combiné à l’exercice du cerveau sur leur console de salon.


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- Syberia
- Atlantis 3
- Les Chevaliers de Baphomet : Le Manuscrit de Voynich