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Need for Speed The Run

Need for Speed The Run

À l’instar de Call of Duty, la série NFS profite désormais des efforts alternés de deux studios. Point positif : deux années complètes de gestation pour chaque édition. Point négatif : n’est pas Criterion qui veut.
The Run démarre sur les chapeaux de roues : on s’éveille dans la peau de Jack Rourke, un pilote trop dépensier, littéralement scotché au volant d’une voiture coincée dans un broyeur. Un QTE plus tard, notre héros file à bord d’une caisse empruntée à ses exécuteurs. Il n’a désormais qu’un moyen de rembourser ses dettes : gagner The Run, une traversée des États-Unis où s’affrontent quelques 250 concurrents.

Coast to coast

En s’inspirant de Cannonball, le studio Black Box s’offre un concept fort. On imagine déjà une course déjantée bourrée de rebondissements, de pilotes hauts en couleurs se jouant des sales tours… sauf qu’il n’en est rien. Le scénario est oublié dans le coffre pendant la quasi-totalité du voyage.Il y a bien quelques QTE sympathiques mais déconnectés de tout contexte et les 4-5 tentatives de personnalisations des concurrents sont pathétiques. Que reste-t-il alors ? Simplement un enchaînement d’épreuves basiques (dépassements, contre-la-montre, duel) à travers tout le pays. De ce point de vue, The Run ne s’en tire pas trop mal. Malgré un rendu visuel et une fluidité discutable, les environnements offrent une diversité particulièrement plaisante. Entre les grandes artères de San Francisco ou Chicago, les autoroutes bondées, le désert du Nevada, les lacets sinueux des Rocheuses, la végétation des grands parcs, les abords glissants des Grands Lacs ou le métro new-yorkais, le dépaysement est assuré. Cela ne suffit cependant pas à endiguer l’ennui qui s’installe au fil d’étapes répétitives.

N’importe quoi

Pourtant, les sensations de conduite répondent présent. Même si la direction manque un peu de mordant, les transferts de masses et les trajectoires sont crédibles, rendant les véhicules agréables à piloter. A mi-chemin entre un Hot Pursuit et un Shift 2 Unleashed. Malheureusement, la cohérence fait défaut à tous les autres niveaux. J’entends d’ici les partisans du "ce n’est qu’un jeu" hurler à plein poumon. Mais lorsque vous devrez attendre d’arriver au tiers du jeu pour débloquer l’aspiration (rassurez-vous la gravité, l’inertie et le freinage sont gracieusement offert au départ), lorsque qu’une Scirocco sera au coude à coude avec votre Lamborghini Gallardo, lorsqu’un SUV de la police enrhumera votre Audi R8 lancée à fond avant de piler net devant vous, lorsque les glissières indestructibles des lignes droites cèderont la place à des glissières en carton dans les virages de montagne, lorsque vous ruinerez votre bolide en percutant une caisse par l’arrière alors que vous êtes repartis tranquillement après un choc frontal, lorsque vous vous demanderez systématiquement si un poteau est destructible ou pas, peut être que cette revendication ne vous semblera plus aussi abusive.

3 petits tours et puis s’en vont

A ces récriminations s’ajoutent les calamiteux flashbacks, des "vies" dont la perte est sanctionnée par un retour au dernier point de passage. D’abord, cela entraîne un chargement longuet qui casse le rythme de la course. Ensuite, on réapparaît parfois dans des endroits fantasques (en entrée de virage, au milieu de la circulation) avec une voiture qui clignote avant de redevenir tangible. Enfin, cela se déclenche parfois de façon absurde, alors que l’on coupe un virage ou s’éloigne d’à peine 3-4 mètres de la route. Bref, lorsque les crédits défilent à l’écran après 2 heures de courses effectives (soit 3 à 4 heures de jeu), difficile de ne pas être déçu. Les défis, qui malgré les apparences se résument systématiquement à du contre-la-montre, ne sont guère plus passionnants. The Run se raccroche aux branches du trois étoiles grâce à son multijoueur, simple, basique, très éloigné de la richesse d’un Hot Pursuit, mais néanmoins amusant. C’est un peu léger.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 16 ans.
- Aux nostalgiques de Cannonball.
- Aux irréductibles fidèles de NFS, dans ses hauts et ses bas.

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