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Medal of Honor

Medal of Honor

Considérant le succès raz-de-marée de Call of Duty 4 : Modern Warfare et des épisodes suivants, remettre Medal of Honor sur les rails est une évidence pour EA. Et cette fois-ci, ça se passe de nos jours, en Afghanistan.
Exit donc les effets de mise en scène pompeux et les grandes batailles sur fond de musique orchestrale. Le nouveau Medal of Honor dépeint avec un certain réalisme une nouvelle forme de guerre menée contre un ennemi invisible. Démarrée en 2001 sous le nom Enduring Freedom (Liberté Immuable), la guerre d’Afghanistan présentée ici se focalise sur l’opération Anaconda menée en 2002 par les Etats-Unis et ses alliés. En suivant les destins croisés de membres de trois corps d’armée différents (Rangers, Navy SEALs et Tier 1), on vit quasiment de l’intérieur les événements de la vallée de Shahikot, des montagnes de l’Arma et de Takur Ghar.

Allez on rempile !
Se défaire de la Seconde Guerre mondiale signifie aussi laisser tomber la distance historique qu’elle implique et pose la problématique d’un jeu évoquant un conflit au cœur l’actualité. Jouer, dans son chez-soi cosy, avec la vie et la mort de combattants virtuels alors que de vrais soldats américains, français ou anglais risquent leur vie à l’autre bout du monde est délicat. Danger Close a pourtant réalisé un travail assez remarquable de ce point de vue en présentant la situation de manière froide et clinique. Le contexte géopolitique est évoqué, notamment durant l’introduction et ses références au 11 septembre, mais toujours de façon brève, à la manière d’une dépêche AFP. Manette en main, les situations de combat bénéficient globalement du même désir de véracité. La campagne solo est rondement menée, dépourvue de tout gras superflu, et sans une mission trop hollywoodienne qui brise son rythme, elle aurait été impeccable. Courte oui, très courte même, mais compacte et parfaitement rythmée. La grande qualité du titre, c’est d’exposer des affrontements secs, violents et plutôt courts. Ce n’est jamais vraiment spectaculaire, mais ça prend souvent aux tripes. Souligné par une bande sonore d’une incroyable densité, entièrement dynamique (zéro directivité) et doté d’un mixage capable de souligner la moindre variation auditive, le titre procure des sensations de guerre finalement assez éloignées de Call of Duty. Dans le cadre d’un FPS grand public, Medal of Honor est ce que l’on peut espérer de plus réaliste.

Un peu négligé tout ça, soldat !

Malgré cette volonté de se démarquer de son concurrent le plus direct, ses évidentes qualités de mise en scène (tout se déroule d’une traite, sans coupures), Medal of Honor a également des grosses lacunes. Bien que globalement correct, il est loin d’impressionner par la force de ses visuels. Certains décors sont réussis (notamment les montagnes), et la direction artistique souligne un travail évident, mais on regrette des animations trop rigides, des textures basiques et bien trop souvent de petits bugs qui parasitent l’expérience globale. Danger Close a apparemment eu un peu de mal à utiliser l’Unreal Engine 3. A ce titre la partie multijoueurs développée par DICE et son moteur Frostbite est beaucoup plus convaincante visuellement. Jouable à 24, le multi se situe quelque part entre Modern Warfare et Battlefield Bad Company 2. Moins fréquenté que le premier, il peut potentiellement attirer une communauté de joueurs un peu différente. En revanche, huit cartes, même si elles sont relativement vastes, c’est un peu radin.

Créer une nouvelle formule

Posé, Medal of Honor ne repose pas sur un rythme effréné et du coup, il se distingue de Call of Duty. Et lorsqu’on accepte de s’immerger dans la peau de Rabbit, Deuce ou Dante, on se rend compte que certains moments possèdent un relief dramatique inattendu. Dans ces instants, comme durant l’incroyable cinquième mission, on se dit que Danger Close a réussi quelque chose de génial, qui va bien plus loin que Call of Duty sur l’émotion pure. Malheureusement, sur le global le soufflé retombe et le titre manque d’ambition et de vision. En voulant se conformer à la grammaire des anciens épisodes, c'est-à-dire en créant une fois de plus un FPS scripté, les développeurs ont commis l’erreur fatale. Si on avait pu crapahuter dans les vastes collines d’Afghanistan avec un vrai sentiment de liberté, construire nos propres tactiques, avoir le sentiment de vraiment improviser et de s’adapter à la situation, Medal of Honor aurait pu créer un précédent, être une nouvelle référence. En l’état, il n’est juste qu’une remise à zéro intéressante, mais bien trop timide pour s’imposer face à la concurrence.

Test réalisé par Emmanuel Touchais.

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 18 ans
- A ceux qui aiment les FPS militaires
- A ceux qui aiment la série Medal of Honor

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