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Killer 7

Killer 7

Après avoir divisé les psys, fasciné les auteurs et les réalisateurs, c'est au tour du jeu vidéo de s'emparer du trouble de personnalités multiples. Le déroutant Killer 7 va faire grincer des dents.
Si vous aimez Resident Evil et Devil May Cry sur PS2, le côté malsain et les histoires incompréhensibles de David Lynch, les surprises et le sang qui coule à flot, n'allez pas plus loin dans la lecture du test, vous seriez déçus. Un conseil pour vous : achetez le jeu, un point c'est tout. Pour les autres, ceux qui doutent, voici de quoi il s'agit. En pleine phase de désarmement à l'échelle mondiale, une nouvelle forme de terrorisme fait son apparition. Le seul remède possible s'appelle Harman Smith, un tueur professionnel en fauteuil roulant, aux allures de religieux. Pour chaque mission, il doit remplir un contrat qui se résume généralement à la suppression ferme et définitive d'un individu, dans un environnement particulier, hostile et délimité : un immeuble, un quartier, une maison dans lesquels grouillent des monstres pas foncièrement sympathiques.

L'art de mettre en scène

Si ce résumé semble clair comme de l'eau de roche, ce n'est pas le cas de la prise en main. La première heure de jeu est une sorte de plongée en apnée dans un univers incompréhensible, malsain et stressant. Tout est mis en place pour déstabiliser le joueur. L'environnement de départ est principalement noir et blanc, seules les giclées abondantes de sang rouge vif colorent l'écran. Les graphismes, stylisés à l'extrême (ndlr : un rédacteur, en passant par hasard devant le jeu a dit : "mais c'est quoi ce jeu ignoble ?"), sont complètements épurés, et donnent l'impression d'évoluer dans les planches d'un comics. Le gameplay ne ressemble à rien de ce que l'on connaît. Dirigiste dans les déplacements, le joueur fait avancer ou reculer son personnage en vue à la 3e personne d'un embranchement à l'autre, comme si il évoluait sur des rails. Dès que l'on dégaine, par contre, seule une cible, que l'on peut déplacer en toute liberté, apparaît à l'écran. Ainsi, les initiatives dans les déplacement sont limitées. A chaque embranchement, le joueur s'arrête et vous devez prendre une décision sur l'endroit où vous désirez aller. Le passage d'une pièce à l'autre demande à chaque fois à la console de chargée le niveau, à la Resident Evil. L'histoire joue les vierges effarouchées et ne se dévoile que petit à petit, certaines voix sont déformées, et l'ambiance musicale discrète se rappelle à notre bon souvenir lors des passages stressants.
Le résultat ne se fait pas attendre, une certaine nervosité gagne du terrain, les hésitations sont fréquentes, mais côté joueur uniquement, car côté monstres, ça rigole. Du bon gros rire de malade mentale psychopathe, histoire de détendre l'atmosphère. En clair, la première heure, on ne comprend rien...
Comprendre pour mieux apprécier

La maladie qui ronge notre héros permet de mieux comprendre le jeu et son gameplay. Pour faire simple, le trouble de personnalités multiples est décrit comme la cohabitation dans le même organisme de différents personnages dont chacun possède un nom, un age, un physique, des connaissances et même une voix propre. Une véritable hiérarchie peut s'installer entre tous, cependant qu'un seul à la fois peut prendre le contrôle du corps, pendant que les autres attendent dans l'ombre. Le jeu reprend les symptômes à son compte, et dès lors, les bases sont posées. Suivant les situations, il faudra choisir la personnalité dont les capacités spécifiques permettent de résoudre les énigmes ou d'affronter le plus efficacement possible les monstres rencontrés. De la même façon, le fait que notre héros, l'originel, se déplace en fauteuil roulant peut apporter un début d'explication dans le mode très dirigiste des déplacements.

A ne pas mettre entre toutes les mains

Le sang, indispensable à l'esthétique de tout bon polar, est ici le carburant de notre tueur. Il cherche à le faire couler le plus possible, l'accumuler pour ensuite le réutiliser afin d'accroître ses capacités. Tuer n'est pas une saine activité, aussi bien physique que mentale. Le jeu a le mérite de jouer la carte du perturbé à fond, ce qui le coupera forcément d'une large frange de joueurs.
Le héros n'a rien d'un James Bond, il est malade, dérangé dans son corps et dans sa tête, son univers est emprunt de mort et de sexualité sadomaso. Même si l'on finit par respirer passé les premières heures de jeu, vous devrez accepter d'être d'abord malmené dans vos habitudes de joueurs pour réellement pouvoir l'aimer.
A bon entendeur, je dois vous laisser, j'ai un contrat à honorer.

Test réalisé par Mathias Lavorel

Avis de la rédaction

A qui s'adresse ce jeu ?
- A ceux qui aiment les ambiances malsaines ainsi que le mélange polar et politique
- Aux plus de 18 ans sains de corps et d'esprit. Parents faites attention...
- A ceux qui pensent que le jeu vidéo peut être une forme d'art à part entière


Vous aimerez ce jeu si vous avez aimé :
- L'esprit malsain made in Japan
- Forbidden Siren
- La série des Silent Hill
- Resident Evil et Devil May Cry. Normal, ce sont les mêmes créateurs.