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Heavy Rain : Edition Modifiée

Heavy Rain : Edition Modifiée

Les hasards de la classification PEGI amènent parfois de "bonnes" surprises. C’est le cas pour Heavy Rain, qui voit son contenu aseptisé afin de toucher un public moins mature.
Jusqu’où iriez-vous pour sauver un enfant ? Une question à laquelle Ethan Mars (père divorcé dépressif), Madison Paige (journaliste insomniaque), Norman Jayden (agent du FBI accro à la dope) et Scott Shelby (l’ex-flic devenu détective) tentent de répondre. Emportés par le raz-de-marée du tueur aux origamis qui noie ses jeunes victimes, ces quatre personnes vont affronter des situations cornéliennes et leur survie ne dépend que de vous.

L’esprit ouvert
Avec seulement deux titres à son actif (Nomad Soul et Fahrenheit), le studio français Quantic Dream mené par le passionné David Cage fait pourtant l’objet de toutes les attentions. Si ses visions audacieuses de la narration dans le jeu vidéo suscitent l’adhésion, sa tendance à reléguer le gameplay au second plan divise radicalement. Peut-on sacrifier l’interaction sur l’autel de l’émotion ? La réponse se trouve dans Heavy Rain
On ne le répètera jamais assez : ce titre tient plus du film interactif que du jeu vidéo au sens classique du terme. Il n’y a pas de score, pas de combos à mémoriser, il ne demande aucune dextérité, aucun effort intellectuel intense, tout au plus quelques réflexes dans certaines situations. La plupart du temps, il suffit d’arpenter des environnements et d’exécuter les manœuvres contextuelles qui s’affichent. Une approche radicale que l’on doit impérativement accepter pour apprécier les qualités de Heavy Rain.

Comme au cinéma !

D’abord le scénario. Il était impératif pour ce thriller interactif de posséder une intrigue à la hauteur de ses ambitions et c’est le cas. Sur la longueur, il y a parfois quelques baisses de régime, quelques clichés, des zones d’ombre, mais aucun dérapage à la Fahrenheit. L’histoire se tient bien avec des situations intenses, des personnages aussi crédibles qu’attachants et un suspense régulièrement relancé jusqu’au grand final. Ensuite l’implication. Heavy Rain confère une grande importance à vos décisions avec des conséquences palpables, que ce soit dans le déroulement d’une scène, l’altération de l’histoire ou même la mort de protagonistes principaux (qui n’implique pas forcément un Game Over). Quantic Dream incite vraiment le joueur à s’impliquer, le laissant faire des choix selon ses valeurs ou son état d’esprit du moment.

Emotion Engine

Enfin, l’émotion. Il s’agit clairement du moteur de ce projet et de sa plus grande réussite. De nombreuses scènes parviennent à construire une intensité assez sidérante. Inquiétude, panique, colère, tristesse, frustration, contrainte, dégoût, tourment… et l’interactivité, même réduite à sa plus simple expression, démultiplie l’impact de ces sentiments. Du coup, la réalisation inégale ou les petites confusions résultant parfois de l’alternance entre les personnages s’effacent devant des scènes d’anthologie, qui émaillent les conversations entre joueurs pendant des années. Au-delà des débats de fond sur l’interactivité, Heavy Rain est une expérience fascinante qui s’apprécie comme Le Silence des Agneaux ou Seven. Assurément culte.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 16 ans.
- Aux amateurs de thriller.
- A tous les joueurs ayant l’esprit ouvert.
- Aux femmes autant qu’aux hommes

Vous aimerez si vous avez aimé :
- Fahrenheit.