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God of War III

God of War III

Champion occidental du beat’em all, référence technique et artistique : God of War s’est façonné une réputation d’excellence tant sur PS2 que sur PSP. Kratos peut-il aussi se faire une place au panthéon de la PS3 ?
La colère qui consume Kratos embrase finalement le royaume céleste. Menant les Titans à l’assaut des armées de Zeus, le spartiate découvre cependant que la vengeance est un plat qui ne se partage pas. Trahi, rejeté dans les entrailles du Mont Olympe, au cœur du royaume d’Hades, amputé une fois encore de ses pouvoirs, notre héros s’appuie sur son inébranlable obstination pour reprendre le combat. Des tréfonds de l’enfer au sommet des dieux, Kratos pave son chemin de bonnes exécutions.

Le mythe de Sisyphe

Le contexte semble familier et pour cause : Santa Monica ne prend pas le moindre risque sur le fond, se contentant de répliquer une formule éprouvée et distillant les nouveautés avec une timide parcimonie. La partie plateforme, largement enrichie par le second opus, fait ici office de parent pauvre.Les séances de varappe, de trapèze et autres doubles sauts se succèdent sans surprendre. Les chevauchés aériennes cèdent néanmoins la place à des phases ascensionnelles "tripantes" durant lesquelles Kratos, profitant des ailes d’Icare, fonce dans une étroite cheminée en slalomant entre les structures. La partie puzzle bénéficie par contre d’une attention accrue. Certes, on y retrouve les habituelles caisses à pousser, dalles pressoirs et leviers minutés, mais aussi des salles se retournant, un minijeu de rythmique ou des alignements de perspectives à la Echochrome. Les énigmes sont bien pensées, variées et en l’absence d’indices flagrants, obligent le joueur à réfléchir un peu plus qu’à l’accoutumée. Des phases généralement pausées qui contrastent agréablement avec la sauvagerie survoltée de combats.

Fraîchement pressé, avec sa pulpe...

Là encore, on évolue en terrain connu. Les mécaniques de combat ont été partiellement simplifiées dans le sens où les combos (débloqués en développant le potentiel de votre arsenal) dépassent rarement les 3 coups. De plus, hormis l’arc, les autres armes à votre disposition reposent sur le principe des Lames du chaos originelles. En contrepartie, chaque enchaînement, chaque arme, chaque pouvoir associé (dont la possibilité d’invoquer des créatures) correspond à une forme d’attaque plus ou moins efficace selon les opposants. On trouve aussi quelques ajouts notables tels que la possibilité d’attraper un adversaire à distance (merci Néro), d’utiliser un soldat comme bouclier pour dévaster les rangs ennemis ou de se déplacer ultra rapidement en laissant une traîné explosive. GoW ne rivalise pas avec la technicité de Bayonetta ou Ninja Gaiden, mais conserve, sous son aspect bourrin terriblement jouissif, un agréable brin de tactique. Cela dit, si maîtrisé soit-il sur le fond, cet épisode ne fait pas autant évoluer la série que son prédécesseur. Santa Monica se reposerait-il sur ses lauriers ?

Quelqu’un peut ramasser ma mâchoire ?

Non. En réalité, le studio a focalisé son attention sur la forme, et avec quel résultat ! Fidèle aux traditions, GoW démarre sur les chapeaux de roue et colle une claque monumental. Au-delà de sa qualité visuelle intrinsèque, le jeu profite des Titans pour jouer de façon délirante avec les échelles, passant en plein combat d’un gros plan sur Kratos à une vue globale où il n’est guère plus qu’une mouche s’agitant sur l’épaule de Gaia, aux prises avec un serpent de mer. Ces passages demeurent exceptionnels mais sont, tels des joyaux, sertis d’environnements somptueux et d’architectures grandioses que l’on arpente avec émerveillement, porté par d’envoûtantes ambiances sonores. Il y a cependant deux revers à cette débauche visuelle : la caméra toujours fixe, qui nuit parfois à la lisibilité des combats, et la violence, typique de la série, qui franchit une nouvelle étape dans le gore. Passe encore pour les mises à mort de créatures mythologiques, mais voir Kratos s’acharner longuement sur des humains déjà au sol dérange. Sans doute est-ce pour cela que l’omniprésente narration nous rappelle régulièrement ce que les dieux ont infligé au spartiate via des scènes très esthétiques. C’est donc en beauté, littéralement, que cet épisode clôt la grandiose saga God of War.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- aux joueurs de plus de 18 ans (avec des morceaux d’ultra-violence et de sexe)
- Aux fans de la série, forcément.
- Aux amateurs de beat’em all en général

Vous aimerez si vous avez aimé :
- God of War II sur PS2.
- Bayonetta
- Ninja Gaiden Sigma 2