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El Shaddai : Ascension of the Metatron

El Shaddai : Ascension of the Metatron

Entre le poste de larbin anonyme au service de Dieu et celui d’idole vénérée dans le monde des humains, certains anges ont fait leur choix, mais ils vont découvrir que leur ancien patron accepte plutôt mal les ruptures de contrat.
Un champion divin qui se balade en jean, un ange qui passe son temps pendu à son portable avec Dieu, un démon qui préfère danser devant son public que de se battre… autant dire que l’inspiration religieuse qui guide l’histoire d’El Shaddai sert plus de base à un gros délire qu’à une quelconque tentative de prosélytisme.

La moquette et même le parquet

Cela dit, la caractéristique majeure du titre ne réside pas tant dans l’autodérision que dans la beauté. Chapeauté par le designer du mythique Okami, le jeu est un délire visuel constant qui surprend autant qu’il enchante.Les environnements psychédéliques oscillent entre l’abstrait, le vide parfois, et le futuriste surchargé de couleur, entre des teintes monochromes et une profusion de couleurs, entre l’immobilisme et le mouvement. A se demander ce qu’ils ont fumé. Soutenu par une bande-son elle aussi très inspirée, El Shaddai s’apparente à un véritable voyage des sens qui impose le respect mais, de par son caractère extrême, n’entre pas forcément en résonance avec grand monde.

La vieille école

Dans un paradoxe, sans doute volontaire, le gameplay joue une partition excessivement classique, presque rétro, avec une alternance entre des phases de plateformes et des combats très simples d’abord. On se contente ainsi d’un double saut pour la partie acrobatique qui se joue tantôt en 3D, tantôt en 2D (vue de profil). Pourtant, le challenge comme la variété sont au rendez-vous grâce à de nombreuses variations sur le thème des plateformes mobiles, escamotables, vaporeuses, pivotantes et autres joyeusetés sanctionnées, au moindre écart, par une chute vertigineuse. Heureusement, les points de sauvegarde sont excessivement nombreux. On retrouve une approche un peu identique pour les affrontements simples à prendre en main mais tactiques. D’une part car les frappes varient selon le rythme de pression. Il n’y a pas 3000 combos à retenir, juste 4 à 5 variations mais celles-ci ont un impact très concret sur le combat. D’autre part, il y a les armes que vous devez arracher à vos ennemis. Il en existe trois, articulés à la façon d’un jeu de shifumi : une paire de boucliers (pierre), des petits avions (papier) et une lame circulaire (ciseau). Evidemment, la vulnérabilité des adversaires varie constamment. Il devient vite essentiel d’apprendre quel monstre redoute quel élément et surtout, face aux groupes, de savoir dans quel ordre voler les armes et éliminer les créatures.

Trop beau pour son propre bien

Ce n’est qu’en se soumettant à ce système, en faisant l’effort d’exploiter ces subtilités, que l’on découvre le potentiel réel d’El Shaddai, que l’on profite de ses combats contre des boss démentiels et des spectaculaires attaques spéciales. Ce ne sont pas les qualités qui manquent au jeu, mais on note aussi quelques dérives regrettables, à commencer par un certain nombrilisme. Oui, les niveaux sont beaux, mais ce n’est pas forcément une raison pour que l’on y passe autant de temps. On aimerait aussi que la caméra (automatique) réponde plus à un souci de lisibilité que de mise en scène, car les sauts de biais et les ennemis situés hors de l’écran brisent parfois bêtement le rythme de cette aventure autrement envoûtante.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 12 ans.
- Aux amateurs d’ovni japonais.

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