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Condemned 2 : Bloodshot

Condemned 2 : Bloodshot

Excellente mais discrète surprise au lancement de la Xbox 360, Condemned se pose mine de rien comme la référence du survival horror à "l’américaine". Une position à la fois enviable et difficile à tenir.
Coffrer des serial killer n’est déjà pas un boulot très sain. Tomber sur un tueur de serial killer s’avère assez surprenant. Découvrir que cet assassin connaît votre famille est plutôt perturbant. Réaliser qu’une entité surnaturelle contrôlait ledit tueur avant de s’enticher de vous se révèle carrément dérangeant. Pas étonnant donc qu’Ethan Thomas soit en un an passé du statut de flic propre à celui d’ivrogne hirsute et blafard, hanté par ses visions. Et alors que la ville rendue folle par d’étranges sons, sombre dans le chaos des émeutes, les choses ne vont pas s’arranger…

Bloodsport

Entre héritage et nouveautés, la suite est un art délicat. En élève studieux, Monolith prend le parti de renforcer les petites faiblesses de Condemned. Si l’on peut toujours ramasser une pléthore d’objets (tuyaux, marteaux, boules de bowling, hache…) et quelques armes à feu pour latter les ennemis étranges qui nous agressent, le mano a mano vient renforcer l’action. On enchaîne ainsi les coups de poing et de pied pour réaliser des combos, sortir des rushs (sous forme de QTE) et achever ses adversaires en se servant du décor (tiens, mange le lavabo, c’est du bon !).
Le résultat violent et viscéral est une réussite, même s’il s’accompagne d’une certaine difficulté face à plusieurs adversaires, et cède bien trop la place aux flingues sur la fin. Condemned 2 remodèle aussi sa partie investigation.
On emploie toujours ses équipements (spectrographe, ultraviolet, appareil photo) pour relever des indices et analyser les scènes de crimes (entre autre), mais c’est au joueur de tirer les conclusions. Il faut choisir la bonne interprétation parmi plusieurs possibilités, que l’on transmet à sa collègue, et tant pis pour vous si vous faîtes erreur. Dommage que ces excellentes phases soient si peu nombreuses.

Série B

Malheureusement, cette suite néglige un peu ce qui fit le succès du premier opus, à commencer par la narration. Références constantes à la première enquête et absence de véritable résumé garantissent aux nouveaux venus une incompréhension totale du scénario, au moins jusqu’à la moitié du jeu. L’intrigue décevante que l’on découvre ensuite ménage mal son suspense, d’autant que si Sega a eu la bonne idée d’opter pour la V.O., les doublages français sont mauvais et partiels (à cause de problèmes de défilement du texte). Le traitement visuel verse parfois dans l’excès, flou, dédoublement et saturations nuisant à la lisibilité de l’action. Les lieux "condamnés" que l’on visite (musée, fabrique de poupées, bowling, théâtre, etc.) sont moins cohérents qu’auparavant et trop répétitifs dans leur tonalité crasseuse.
Les objectifs et les mécaniques (contre les boss) manquent un peu de clarté entraînant ponctuellement une frustrante progression à tâtons (merci les morts à répétition, surtout vu les temps de chargement un peu longs).
Peines confondues

Et c’est bien dommage car l’ambiance est excellente tout comme le traitement de la vue subjective. On se fait de grosses frayeurs et il y a plein de bonnes petites idées comme l’alcoolisme du héros ou les mécaniques de narration (QCM, antenne TV/radio à régler). Additionnées aux systèmes de combat et d’enquête, ces qualités permettent à Condemned 2 d’offrir une expérience immersive, mais moins surprenante, moins homogène, bref, moins réussie, que la précédente.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus 18 ans VRAIMENT, car c’est très glauque et violent
- Aux amateurs d’ambiance fantastique/horreur


Vous aimerez si vous avez aimé :
- Condemned
- Breakdown pour l’aspect combat en vue subjective.