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Blacksite : Area 51

Blacksite : Area 51

Tous. Ils aimeraient tous pouvoir qualifier leur jeu de "Triple A", mais la majorité des studios font dans la série B. Ce n’est pas grave, il y a plein de petits jeux sympas et sans prétention qui valent le détour. Encore faut-il les sortir au bon moment.
En tant que suite d’un FPS plutôt quelconque, Blacksite a semble-t-il bénéficié d’une attention particulière de la part de Midway. Armés de l’Unreal Engine et de petites idées amusantes, les développeurs pouvaient prétendre à un résultat accrocheur. Malheureusement, les bonnes intentions ne suffisent pas.

On m’aurait menti ?

Ce n’est pas que le titre soit mauvais, mais plutôt qu’il se plante systématiquement à un moment ou un autre dans chaque compartiment du jeu. Le scénario, à base de conspiration gouvernementale classique et d’horreurs génétiques, gagne un certain cachet à travers son activisme idéologique assumé. De la première mission en Irak jusqu’au final dans une base américaine, le gouvernement en prend régulièrement pour son grade à travers des dialogues assez caustiques.
Sauf que l’ambiance se retrouve plombée par le mutisme total du héros (y compris lorsqu’un de ses potes est sacrifié devant ses yeux) et quelques dérapages douteux du genre "qu’on fasse des expériences horribles sur les ennemis, passe encore, mais sur NOS hommes !". Ben non, ça ne passe pas, et la déclaration d’amour aux pauvres Marines manipulés finie par peser.
Sir, no Sir !

Coté gameplay, on reste dans le classique : on shoote, on se planque, on recharge, et on shoote, le tout avec un arsenal très banal. Il y a un système de squad (deux compagnons) avec ordres, actions contextuelles et prise en compte du moral, ainsi que quelques phases de conduite ou de ride. Sur le papier, c’est sympa, mais là encore, du sable grippe l’engrenage. Les ordres sont parfois mal suivis et s’avèrent généralement inutiles en pleine fusillade. Quant aux actions contextuelles, cela tient vraiment du gadget. Les parties sur rails sont plutôt réussies mais dès que l’on prend le volant… Entre la physique hyper rigide et le cheminement ultralinéaire, je cherche encore l’intérêt. D’ailleurs, l’action, de façon générale, est scriptée à l’extrême, mais maladroitement.
Si vous êtes au bon endroit, l’effet se révèle immersif. Si vous êtes du genre à foncer, traîner ou explorer, cela peut tourner au n’importe quoi (comme les ennemis qui passent à coté de vous sans vous voir ou au contraire vous repèrent à l’autre bout de la carte).
Au mauvais endroit, au mauvais moment

Et puis il y a la partie technique. Ce n’est pas que Blacksite soit moche, loin de là, mais entre l’aliasing hyper prononcé, le clipping de décors ou de textures, les petits bugs de collision, les ralentissements, l’organisation étrange des chargements (lors desquels on perd parfois ses armes) ou les bizarreries du système d’éléments destructibles (les murs en béton, oui, les ordinateur portable, non - même à la roquette)… ça pique les yeux.

N’en déduisez pas pour autant que le jeu soit raté : les fusillades restent efficaces, l’ambiance est solide, il y a quelques passages impressionnants impliquant des créatures colossales… Mais proposer un produit de seconde zone à une période où les hits se bousculent aux portillons relève du suicide. Quand on sort juste de Call of Duty 4 ou Crysis, difficile de se contenter de Blacksite.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- Aux joueurs de plus de 16 ans
- A ceux qui ne jouent pas à COD4, Orange Box ou Crysis


Vous aimerez si vous avez aimé :
- Call of Duty 4 : Modern Warfare
- The Orange Box