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Beyond : Two Souls

Beyond : Two Souls

Un commissariat ravagé, une unité entière de SWAT sauvagement décimée et la C.I.A. tenue en échec par une jeune fille de 23 ans… Mais qui est donc Jodie Holmes ? A vous d’apporter la réponse.
Après avoir abordé la thématique du sacrifice dans Heavy Rain, le réalisateur David Cage et son équipe explore la notion de pouvoir avec Beyond : Two Souls. Une fois de plus, il s’agit d’une aventure dans laquelle le gameplay n’est qu’un outil. Les interactions sont limitées, dirigées mais chaque choix est empreint d’une charge émotionnelle et morale peu commune. Une approche atypique qu’il faut accepter pour pleinement profiter de cette expérience.

J’ai vu ma vie défiler
Au cœur de Beyond se trouve un étrange couple : une jeune fille et l’esprit protecteur, vengeur, qui lui est mystérieusement attaché. Si la performance de l’actrice Ellen Page dans le rôle de l’héroïne Jodie Holmes accapare les projecteurs, vous incarnerez également tout autant l’étrange Aiden. Cette entité dispose d’aptitudes uniques telles que passer à travers les murs, prendre possession de certains vivants ou pratiquer la télékinésie. Un pouvoir considérable dont les effets peuvent… considérablement déraper.
Pour étudier les multiples facettes de cette relation, l’histoire nous brinquebale, sans se soucier de la chronologie, à divers moments clés de l’existence de Jodie. Sa petite enfance, son adolescence, son passage par la C.I.A., ses missions, sa fuite dans les bas-fonds urbains ou le désert Navajo. On y découvre ses parents dépassés, son père de substitution sobrement campé par l’excellent Willem Dafoe, ses bonnes et ses mauvaises rencontres… Chaque scène est l’occasion de se confronter à une idée, à un choix.
Un grand pouvoir implique de grande responsabilité
Les développeurs prennent un malin plaisir à jouer sur ce dédoublement de personnalité. Ici, ils nous font vivre les brimades subies par la vulnérable Jodie avant de nous permettre de réagir avec Aiden. Là, ils nous demandent de prendre part à une dispute au sujet d’un petit ami. En une dizaine d’heures, un nombre impressionnant de concepts tels que l’honnêteté, l’abus, la dépendance, la manipulation, la mort, le deuil, la responsabilité ou la colère sont exposés au prisme de ce pouvoir démesuré. On vit des moments forts, des instants touchants, des situations rares dans le jeu vidéo. Beyond évite aussi de n’être qu’une collection de scènes en utilisant Aiden comme fil rouge, ce qu’il est, d’où il vient et ce qu’implique son existence. Une intrigue de fond intéressante mais qui cède à quelques clichés sur la fin.

Une partie de Twister ?
En marge de sa qualité narrative, Beyond souffre d’errements au niveau du gameplay. Il ne s’agit pas de remettre en question le parti pris du développeur Quantic Dream, hérité d’Heavy Rain et Fahrenheit. Le jeu fait même quelques pas appréciables en direction des jeux classiques avec des zones à explorer, de petits puzzles ou des phases d’infiltration. Non, le problème vient des commandes. Dans certaines phases comme les affrontements, les poursuites, l’infiltration ou lorsque l’on incarne Aiden, tout est logique, stable, plaisant. Mais dans certains QTE (Quick Time Event ou action contextuelle), l’inconstance règne. Les mouvements de nos jambes peuvent être reliés à la touche X, ou à L2 et R2 ou à L1 et R1, la simple action de se cacher peut nécessiter de maintenir 4 boutons simultanément. Lorsque l’on dirige Jodie, le stick droit oriente (un peu) l’angle de vue ET déclenche certaines actions… parfois involontaires… Rien de rédhibitoire mais des frustrations ponctuelles qui viennent troubler l’immersion que Quantic Dream construit si consciencieusement. A l’arrivée, Beyond laisse une impression étrange. Il reste coincé entre Heavy Rain, plus radical dans ses conséquences, ses variations, et The Walking Dead, plus constant dans la qualité de son écriture, dans le traitement de ses personnages. Une position bancale qui ne l’empêche pourtant pas de régulièrement créer des instants magiques, de faire réfléchir, d’offrir une expérience fascinante qui marque dans une vie de joueur.

Test réalisé par Frédéric Dufresne

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
Aux joueurs de plus de 16 ans
Aux amateurs d’émotions
A ceux qui ne sont pas forcément des joueurs


Vous aimerez si vous avez aimé :
- Heavy rain
- The Walking Dead
- Fahrenheit