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Afro Samurai

Afro Samurai

C’est armé d’une épée à double tranchant qu’Afro Samurai vient à nous. D’un coté l’aura d’un anime populaire de qualité, de l’autre la crainte ancestrale de l’adaptation bâclée. Reste à voir avec quel fil Namco frappe.
C’est dans les yeux de la tête décapitée de son père qu’Afro Samurai a vu son destin : la vengeance. Un chemin pavé de cadavres, de trahisons, de sacrifices et d’espoirs vains, où se rapprocher de sa cible implique de devenir aussi impitoyable qu’elle.

Comme à la télé

Si la série Samurai Shamploo a déjà prouvé que l’anachronique mariage du hip-hop et du japon féodal pouvait donner naissance à un chef-d’œuvre, jamais Afro Samurai qui applique une recette similaire (teintée de futurisme) ne s’est vu qualifié de vulgaire copie. Son style visuel particulièrement original, ses protagonistes hauts en couleurs, ses fabuleuses compositions musicales assurées par RZA du Wu-Tang Clan et les performances vocales de Samuel L. Jackson ou Ron Perlman lui confère une personnalité unique.Et il faut reconnaître que le jeu parvient à retranscrire ces qualités avec une efficacité redoutable, en reprenant fidèlement (ou presque) l’intrigue de l’anime. Une démarche relativement aisée en ce qui concernait l’environnement sonore, puisque les artistes originaux se sont impliqués dans le titre, mais nettement plus ardue sur le plan visuel. Or les développeurs font preuve d’une grande maîtrise du cel-shading avec des personnages magnifiquement modélisés et des environnements, techniquement simples mais emprunts d’une véritable atmosphère. L’impression de se retrouver dans un épisode est renforcée par l’absence totale d’interface ou l’insertion régulière de cases illustrant des évènements spécifiques. Dommage que cette réussite artistique ne trouve pas d’écho dans le gameplay.

C’est afro, afro, afro !

Afro Samurai pouvait-il être autre chose qu’un beat’em all ? On y trace sa route à la force du sabre en laissant dans son sillage des membres amputés baignant dans des flots d’hémoglobine. La violence des coups croît avec l’enchaînement ininterrompu d’attaques, jusqu’à pouvoir activer le mode Focus qui ralentit le temps et permet de trancher en deux l’adversaire d’un unique coup, ou sombrer dans une rage sanguinaire balayant tous les ennemis présents. Cette bestialité d’un esthétisme sans faille s’avère initialement jouissive, mais cède inexorablement la place à une relative lassitude. On réalise rapidement que les combos progressivement débloqués ne sont pas plus efficaces qu’un martèlement aveugle des boutons. Les adversaires sont aussi peu variés dans leur apparence que dans leur façon de combattre ou d’être défaits, hormis les boss dont l’affrontement est parfois outrageusement exigeant. Aucune arme supplémentaire ne vient élargir l’horizon des affrontements. Les quelques phases de plateforme alternent entre un dirigisme dépourvu de challenge et une liberté approximative (heureusement sanctionnée uniquement par une réapparition directe en cas de chute). Le recyclage des environnements est aussi un peu trop prononcé. Autant de défauts dont les fans de l’anime, séduit par la retranscription de l’univers, s’accommoderont, mais qui risquent de rebuter l’amateur de beat’em all.

Si Afro Samurai pourrait donner d’intéressantes leçons à Dante, Ryu ou même Kratos en terme de narration et de dialogues (notamment les répliques de Ninja Ninja, la sardonique personnification de la conscience d’Afro), il lui reste encore beaucoup à apprendre pour rivaliser avec le gameplay des maîtres du genre.

Test réalisé par Frédéric Dufresne.

Avis de la rédaction

A qui s’adresse ce jeu ?
- aux joueurs de plus de 18 ans.
- Aux fans de l’anime.

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- God of War II sur PS2.
- Devil May Cry 4